Rechercher dans ce blog

lundi 6 décembre 2010

Communiqué de la CRAN sur son activité publique du 18 novembre 2010

Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile

ACTIVITE PUBLIQUE 18 NOVEMBRE 2010 :

Société Civile - Elections - Reconstruction

COMMUNIQUÉ

Port-au-Prince, 20 novembre 2010

Aux Membres et Sympathisants de la CRAN

Aux Membres de la Société civile haïtienne


Le 18 novembre 2010, jour de la fête de Vertières, plus d’une centaine de participants, représentants d’organisations et regroupements de la Société civile, se sont donnés rendez-vous à l’Institut La Sève, Carrefour Marin, pour cette première activité publique du CRAN, Cellule de Réflexion et d'Action nationale, initiative des Pères Jésuites et de la Société civile.

En la circonstance, trois panels ont permis d’approfondir des thèmes d’actualité comme « Identité de la Société civile », « Société civile et les contradictions du processus électoral en cour », « Défi et Ambiguïtés de la Reconstruction du pays ». La CRAN salue la participation des panélistes de qualité comme Mme Suzy CASTOR, Me Joseph EXUME, Professeur Reynold J. ELIE, Prof. Camille CHALMERS et Prof. Amary Joseph. NOEL, qui avec beaucoup de compétence et préoccupation pour le pays ont développé les thèmes et stimulé les débats entre les participants.

Quelques lignes fortes se sont dégagées de ces assises:

· L’importance de contribuer à créer une Société civile forte, articulée et consciente de sa contribution nécessaire pour la reconstruction et le changement du pays;

· La nécessité d’un dialogue continu, ouvert et transparent entre les différents regroupements qui se dessinent en ce moment entre les différentes organisations à l'intérieur de la Société civile;

· L’importance pour les citoyens et citoyennes du pays de se prononcent en faveur d’un Etat responsable lors du scrutin du 28 novembre 2010, en dépit des contradictions et ambiguïtés qui traversent le processus électoral;

· La nécessité d'approfondir la question de la reconstruction du pays et d'exiger la participation active des citoyens et citoyennes à toutes les décisions qui engagement l’avenir du pays;

· L'importance que la CRAN, elle-même, continue à approfondir ses propres réflexions sur la reconstruction du pays, par la publication d’un document de base pour stimuler cette recherche.

· Concernant les calamités qui frappent le pays, et le choléra en particulier, les participants ressentent l’impérieuse nécessité que le Gouvernement dépasse le stade des informations qui ne semblent pas l’engager vraiment, pour dessiner des politiques de santé publique réelles pour le pays. Ces politiques passent nécessairement par :

o L’affirmation du droit des citoyens et citoyennes à l’eau potable pour ;

o La création d’un environnement sain par la gestion rationnelle des ordures et la mise en oeuvre d'une politique de construction massive de latrines dans les quartiers populaires des villes et les habitations rurales.

La CRAN réitère son intention de continuer son chemin vers la convocation du Pre-congrès rassembleur de la Société civile et le Congrès Véritable; dans cette perspective elle envisage dans un proche avenir l'organisation d'un pré congrès incluant des rencontres à tenir dans les différentes villes et départements du pays.

La CRAN continue à compter sur la contribution et la collaboration de tous et de toutes dans ce processus de mettre en confiance les organisations de la société civile appelées à se transformer en force d'un changement et moteur de développement du pays .


Pour la CRAN,

Révérend Père Kawas François, sj, Directeur CRIE

E-mail :kafranc@yahoo.fr

Professeur Amary Joseph Noël,

Coordonnateur Général de la Confédération des Haitiens pour la Réconciliation (CHAR)

E-mail : profamaryjosephnoel@yhaoo.fr

Révérend Père Wismith Lazard, sj, Directeur Service Jésuites des Réfugiés et Migrants(SJRM)

Révérend Père Jan Hanssens, cicm, Directeur Jilap

lundi 13 septembre 2010

FORMULAIRE D’INSCRIPTION AU PRE -CONGRÈS RASSEMBLEUR DE LA SOCIETE CIVILE HAITIENNE

Nom de l’institution ou de l’organisation………………………………………………

Noms et prénoms de deux Responsables de l’institution ou de l’organisation :

1)…………………………………………………………………………………………...

2)………………………………………………………………………………………….

Téléphones :………………………………………………………………………………..

E-mail :…………………………………………………………………………………….

Adresse physique:…………………………………………………………………………

Type d’activités :…………………………………………………………………………..

Type de population bénéficiaire des services offerts:……………………………………..

Nombre de membres ou d’adhérents de l’organisation ou de l’institution :………………

Estimation du nombre de bénéficiaires des actions de l’institution :………………………

Notre institution s’inscrit au Pre-congrès comme : CO-ORGANISATEUR………….
PARTICIPANT………. OBSERVATEUR……………… (Cochez une alternative)

Nom et téléphone de la personne qui a rempli le formulaire :…………………………

Date et lieu ou le formulaire a été rempli………………………………………….


MERCI !

Port-au-Prince, Haïti, le 10 septembre 2010

dimanche 12 septembre 2010

Lettre d'invitation de la CRAN aux organisations à s'inscrire au Pré-Congrès Rassembleur de la Société Civile haïtienne

Monsieur(Madame),

………………………………………………………………………………………………

La CELLULE DE REFLEXION ET D’ACTION NATIONALE (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile a le plaisir d’inviter votre institution à s’inscrire avec statut de CO-ORGANINSATEUR,…… de PARTICIPANT……ou OBSERVATEUR… au PRE-CONGRÈS RASSEMBLEUR de la Société Civile haïtienne.


La CRAN est une institution créée après le séisme du 12 janvier en vue d’offrir aux Haitiens, aux Haïtiennes, aux populations organisées du pays un espace ouvert, inclusif et non partisan de rencontre, d’échange et de réflexion dans le but d’apporter une quote-part significative dans le processus de reconstruction du pays via la production d’une vision concertée et la mise en œuvre d’un nouveau projet de société.

En effet, chaque dimanche, environ une cinquantaine d’organisations ou institutions de la Société Civile se penchent sur la conjoncture nationale et inventent des issues vers un avenir meilleur pour Haïti.

Par le biais du PRE-CONGRÈS, la CRAN vise tant un rapprochement des organisations éparses de la Société Civile qu’une extension de la réflexion et de l’action pacifiste militante à l’échelle nationale.

En définitive, la CRAN cherche à transformer la Société Civile Haïtienne en une macro structure organisée autour d’une vision claire de la situation du pays, en une « force de changement » et en un « moteur » du développement national.

Dans la perception des membres de la CRAN, font partie de la Société Civile :

1o) Les associations communautaires
2o) les syndicats;
3o) les groupements religieux;
4o) les fondations privées;
5o) Les organisations de charité
6o) Les organisations professionnelles
7o) Tous les regroupements qui cherchent la résolution des problèmes qui tenaillent un pays ou une collectivité : environnement, santé, croyances, éducation, misère, développement sans agir sous le manteau ou la couverture des corps officiels qui exercent le pouvoir politique etc.

Le PRE-CONGRÈS, prélude au GRAND CONGRÈS DE LA SOCIETE CIVILE sera réalisé en trois phases complémentaires :

1o) Une phase de lancement incluant les activités préparatoires et un appel instant aux institutions et personnalités de la Société Civile à s’engager.

2o) Une campagne médiatique incluant larges consultations, collecte de données et débats constructifs tant dans les provinces qu’à Port-au-Prince.

3o) Le PRE-CONGRÈS proprement dit se déroulera dans une enceinte apprêtée pour la circonstance. Il regroupera des représentants de la Société Civile de tout le pays dans une dynamique unitaire ouvrant des avenues nouvelles pour Haïti grâce à une participation effective de ses fils dans les efforts de reconstruction.

Serrons-nous les coudes pour offrir de nouvelles perspectives aux générations futures !

Pour la Cellule de Réflexion et d’Action Nationale(CRAN) :

- Révérend Père Kawas François S.J.
Coordonnateur Général de la Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN)

- Professeur Amary Joseph NOEL
Coordonnateur Général de la Confédération des Haitiens pour la Réconciliation (CHAR)

- Révérend Père Wismith Lazard S.J
Responsable du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants d’Haïti (SJR)

Port-au-Prince, Haïti, le 10 septembre 2010



N.B. 1) Merci d’appeler aux numéros suivants :3-658-6608 ; 3-556-6699 ;3-814-6418 pour confirmer votre participation

2) Merci de remplir le formulaire joint et nous le renvoyer à a) Tabarre 10 No. 4, P-au-P, Haiti, b) Centre Social des Jésuites, 27, 1ère Avenue du Travail, Bois Verna, P-au-P, Haiti ou à l’adresse électronique : kafranc@yahoo.fr

3) Les frais de transport, de nourriture et de logement pour le Pre-congrès sont pris en charge par la CRAN.

4) Les institutions qui veulent apporter une contribution financière ou un don pour l’organisation du Pre-congrès sont bienvenues.

5) Pour plus d’informations sur la CRAN, visiter le blog :réflexionscitoyennes : jésuites et société civile en Haïti.

mardi 7 septembre 2010

Note de presse de la CRAN

La Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile se propose d’organiser, vers la fin du mois d’octobre 2010, le PRE-CONGRÈS DE LA SOCIETE CIVILE HAITIENNE.

La CRAN est une institution créée après le séisme du 12 janvier par les Jésuites en vue d’offrir aux Haïtiens, aux Haïtiennes, aux populations organisées du pays un espace ouvert, inclusif et non partisan de rencontre, d’échange et de réflexion dans le but d’apporter une contribution significative dans le processus de reconstruction du pays via la production d’une vision concertée et la mise en œuvre d’un nouveau projet de société.

En effet, chaque dimanche, environ une cinquantaine d’organisations de la Société Civile se penchent sur la conjoncture nationale et inventent des issues vers un avenir meilleur pour Haïti.

Par le biais du PRE-CONGRÈS, la CRAN vise tant un rapprochement des organisations éparses de la Société Civile haïtienne qu’une extension de la réflexion et de l’action pacifiste militante à l’échelle nationale.

Le PRE-CONGRÈS, prélude au GRAND CONGRÈS DE LA SOCIETE CIVILE sera réalisé en trois phases complémentaires :

1o) Une phase de lancement incluant les activités préparatoires et un appel instant aux organisations de la Société Civile

2o) Une campagne médiatique incluant larges consultations, collecte de données et débats constructifs tant dans les provinces qu’à Port-au-Prince.

3o) Le PRE-CONGRÈS proprement dit se déroulera dans une enceinte apprêtée pour la circonstance et regroupant les représentants de la Société Civile de tout le pays dans une dynamique unitaire ouvrant des avenues nouvelles pour toute la Société Civile haïtienne et sa participation dans le développement du pays.

Pour la Cellule de Réflexion et d’Action Nationale(CRAN) :

- Le Révérend Père Kawas François S.J.
Coordonnateur Général de la Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN)

- Le Professeur Amary Joseph NOEL
Coordonnateur Général de la Confédération des Haitiens pour la Réconciliation (CHAR)

- Le Révérend Père Wismith Lazard S.J
Directeur du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants d’Haïti (SJR)

Port-au-Prince, Haïti, le 1septembre 2010
,

vendredi 4 juin 2010

Ayiti/Konjonkti politik: Gwoup Refleksyon ak Aksyon Nasyonal (CRAN) di otan, epi li pran pozisyon

Gwoup Refleksyon ak Aksyon Nasyonal (ki gen non jwèt li nan lang franse CRAN) Jezwit yo ak Sosyete Sivil la ap swiv ak anpil preyokipasyon lavi sosyopolitik ayisyèn nan :
• kondisyon lavi popilasyon an k ap vin pi mal chak jou, sitou nan « abri pwovizwa » yo ki vin tankou yon lanfè ;
• makònay ki pa genyen ant plan rekonstriksyon Gouvènman an te fè ak bezwen reyèl popilasyon an genyen ;
• kominikasyon an kòdinasyon ki pa genyen ditou andedan Gouvènman an;
• se yon gwo eskandal lè n ap gade kijan dirijan yo ak lòt aktè politik yo pa gen okenn jèn, lè y ap foure peyi a pi plis nan lamizè ak nan tchouboum, epi y ap ranfòse depandans ekonomik ak politik la ;
• manifestasyon k ap fèt youn apre lòt, epi nan dezòd ak nan konfizyon ;
• vòt Lwa sou Eta Dijans la ki te fèt nan kondisyon ki pa te klè, epi se chak jou y ap rele chalbari pi plis deyè l ;
• yon Konsèy Elektoral Pwovizwa (KEP) y ap rele anmwey dèyè l, ki riske lakòz eleksyon l ap gen pou fè yo pa kredib;
• sa choke nou anpil lè nou wè jan Kominote entènasyonal la ap foure bouch li chak jou pi fon nan zafè entèn peyi a.

Nan kalfou difisil, men enpòtan peyi a ap travèse jounen jodi a, CRAN di otan!, fòk prese prese tout sektè yo nèt mete enterè peyi a sou tèt enterè pèsonèl yo ak enterè gwoup yo.

Moman sa a jounen jodi a, kote nou gen anpil bagay nou kapab genyen oswa pèdi nan pwosesis rekonstriksyon an, blije nou mete tèt nou ansanm pou nou pale, nan bonjan dyalòg ak tèt frèt, sou vrè pwoblèm peyi a epi pou nou rive jwenn yon konsansis sou chwa sosyo-ekonomik ak politik yo nou dwe fè pou nou sove nasyon an.

Nan sans sa a, CRAN denonse :
• Lwa 15 avril 2010 sou Eta Dijans la, ki antikonstitisyonèl epi ki vyole libète piblik yo ak dwa fondamantal yo ;
• vyolasyon tèks Konstitisyon peyi a, nan kreye posiblite pou pwolonje manda prezidan an apre 7 fevriye 2011.

CRAN envite :
1) Prezidan Repiblik la :
Pou li tabli prese prese yon dyalòg ak tout sektè politik yo ak òganizasyon yo ki nan sosyete sivil la, yon jan pou li kapab rive ak yon akò politik ki pou debouche sou yon Konsèy Elektoral Pwovizwa (KEP) tou nèf ki kapab bay konfyans, ki se yon eleman kle ki pou pèmèt eleksyon l ap gen pou fè yo vin lejitim epi kredib.

2) Gouvènman ayisyen an :
• pou li bay nasyon an bonjan enfòmasyon sou politik ekonomik ak sosyal li genyen, prensipalman sou plan dijans li genyen pou popilasyon sinistre a.

3) Aktè politik yo :
• pou yo montre yo gen sans reskonsablite fas ak menas yo ki pandje sou tout nasyon an alawonnbadè;
• pou yo egzèse dwa yo, detan y ap respekte tou règ demokratik yo ki tabli nan Konstitisyon 1987 la.

4) Òganizasyon ak gwoup yo ki nan sosyete sivil ayisyèn nan:
• pou yo mete tèt yo ansanm pou yo egzije dirijan yo jwe wòl yo kòm lidè nan jesyon rekonstriksyon an.

5) Kominote entènasyonal la:
• Pou yo solidè tout bon vre ak pèp ayisyen an, pou yo respekte diyite li ak dwa li genyen pou li deside pou tèt li.


Pou Gwoup Refleksyon ak Aksyon Nasyonal (CRAN) :

Amary Joseph Noel
Kòdonatè Jeneral Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR), epi manm CRAN

Rev. P. Wismith LAZARD, SJ
Direktè Nasyonal Sèvis Jezwit pou Refijye ak Migran yo (SJRM)-Ayiti, epi
manb CRAN

Rev. P. Kawas FRANÇOIS, SJ
Kòdonatè CRAN

mercredi 2 juin 2010

Haïti/Conjoncture politique : La Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) tire la sonnette d’alarme et prend position

La Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile suit avec préoccupation les évènements de la vie sociopolitique haïtienne:

• la dégradation accélérée des conditions de vie de la population, notamment dans l’enfer des abris provisoires
• l’inadéquation du plan gouvernemental de reconstruction avec les besoins réels de la population
• l’absence totale de communication et de coordination au sein du Gouvernement
• l’insouciance scandaleuse des dirigeants et autres acteurs politiques qui sont en train d’enfoncer le pays dans la misère et le chaos, renforçant ainsi la dépendance économique et politique
• les manifestations à répétition sans cohérence interne
• le vote, dans des conditions douteuses, d’une Loi d’urgence de plus en plus décriée
• un Conseil Électoral Provisoire (CEP) contesté et n’inspirant pas la confiance nécessaire à des élections crédibles;
• l’ingérence de plus en plus choquante de la Communauté internationale dans les affaires internes du pays.

À ce carrefour difficile et décisif que traverse actuellement le pays, la CRAN tire la sonnette d’alarme sur l’urgence pour tous les secteurs de mettre les intérêts collectifs au-dessus des intérêts personnels et partisans.

Les enjeux actuels du processus de reconstruction nous commandent de nous unir en vue de poser, dans le dialogue et la sérénité, les vrais problèmes du pays et de dégager un consensus sur les choix socio-économiques et politiques à faire pour le sauvetage national.

Dans cette perspective, la CRAN dénonce :

• la Loi du 15 avril 2010 sur l’État d’urgence, en raison de son caractère anticonstitutionnel et attentatoire aux libertés publiques et aux droits fondamentaux ;
• la violation de la lettre de la Constitution du pays, en créant la possibilité de prolonger le mandat présidentiel au-delà du 7 février 2011.

La CRAN invite :

1) Le Président de la République
• à rechercher activement le dialogue avec tous les secteurs politiques et les organisations de la société civile en vue de parvenir à un accord politique visant à créer un nouveau Conseil Électoral Provisoire (CEP) qui puisse inspirer de la confiance, élément fondamental pour la légitimité et la crédibilité des prochaines élections.

2) Le Gouvernement haïtien
• à informer la nation de sa politique économique et sociale, notamment le plan d’urgence en faveur de la population sinistrée.

3) Les acteurs politiques:
• à faire preuve de sens de responsabilité face aux menaces qui pèsent sur la nation toute entière;
• à exercer leurs droits dans le respect des règles démocratiques consacrées par la Constitution de 1987.

4) Les organisations et groupes de la société civile haïtienne :
• à s’unir pour exiger des dirigeants d’assurer le leadership dans la gestion de la reconstruction.

5) La Communauté internationale :
• à être réellement solidaire du peuple haïtien, à respecter sa dignité et son droit à l’autodétermination.

Pour la Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) :

Amary Joseph NOEL
Coordonnateur Général de la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR) et membre de la CRAN

Rév. P. Wismith LAZARD, SJ
Directeur National du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants (SJRM)- Haïti et membre de la CRAN

Rév. P. Kawas FRANÇOIS, SJ
Coordonnateur de la CRAN


Fait à Port-au-Prince, le mercredi 2 juin 2010

dimanche 30 mai 2010

Autour des enjeux économiques de la reconstruction d'Haïti

La Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile d’Haïti a réalisé, le dimanche 23 mai 2010, sa réunion habituelle sur la cour du Noviciat des Jésuites à Tabarre.

Dans le cadre d’une série de formations et de débats organisés depuis près d’un mois par la CRAN avec des spécialistes et des experts, l’économiste haïtien Kesner Pharel fut invité à venir échanger avec nous sur les enjeux économiques de la reconstruction d’Haïti. L’intervention de Pharel devait nous aider à répondre à ces questions fondamentales: Quel est l'impact réel du séisme du 12 janvier sur l'économie haïtienne? Sur les principaux agents économiques? Comment ces derniers peuvent-ils concrètement aider à la relance de l'économie? Quel est le rôle de l'État, de l'entreprise (grande, petite et moyenne), des associations communautaires, de la coopération internationale, des ONG, etc.?

Kesner Pharel a dressé un bilan de « la situation du pays après le 12 janvier » et des décisions du Gouvernement haïtien sur la reconstruction du pays afin que nous puissions voir, en tant que Cellule, comment influencer ces décisions.

Le bilan des dégâts causés par le séisme

Il a commencé par souligner que le séisme du 2 janvier est l’une des catastrophes les plus graves (plus que celles du Guatemala, du Honduras, du Venezuela, du Bangladesh…) qu’ait connue l’humanité durant les 30 dernières années. Les pertes financières, matérielles et en ressources humaines ont été énormes. La tragédie a fait entre 250 et 300 mille morts, les pertes matérielles s’élèvent à 8 milliards de dollars américains. Le pays a également perdu ses richesses et ses actifs. Ces pertes énormes réduisent de manière considérable notre capacité de production. En outre, beaucoup de nos ressources humaines très qualifiées ont été péries, dans un pays où on en a le plus besoin ; cela nous affectera à coup sûr dans les prochaines années.

Le processus d’élaboration du plan gouvernemental de reconstruction

Dans ce contexte, la Banque Mondiale qui dispose déjà d’un instrument d’évaluation des dégâts après les désastres (le PDNA) l’a utilisé et, postérieurement sur la base de cette évaluation, a aidé le gouvernement haïtien à élaborer un plan de reconstruction d’Haïti pour 20 ans (jusqu’en 2030). Le Gouvernement haïtien a peaufiné son plan de reconstruction au cours d’une réunion en République Dominicaine. Postérieurement, il l’a présenté dans le Sommet de New York le 31 mars dernier.

Par ailleurs, le conférencier a souligné le manque de participation des partis politiques et d’autres acteurs importants dans le processus de préparation et de présentation de ce plan ; il a critiqué le manque de leadership du gouvernement haïtien qui n’a pas voulu rassembler les forces vives de la nation, partager le pouvoir et écouter les autres en vue d’impliquer tout le pays dans le processus de reconstruction du pays.

Les principaux éléments du plan gouvernemental de reconstruction

L’un des objectifs fondamentaux du plan gouvernemental de reconstruction est de convertir Haïti en un pays émergent. L’idée est de faire qu’Haïti devient un pays capable d’attirer des investisseurs, une société moderne, démocratique, avec une économie diversifiée, moderne également, ayant des ressources humaines qualifiées et surtout un indice de développement humain (composé de 3 indicateurs : l’espérance de vie, le taux de scolarisation et le revenu per capita) qui passe au moins à 0.7. Le conférencier a donné l’exemple de quelques pays, tels que l’Israël, le Singapour…, qui ont été aussi pauvres, mais, avec moins de ressources que nous, ils sont devenus des pays émergents. Il ne s’agit pas seulement de savoir combien de ressources le pays possède, mais quelle est la vision et quelle est la stratégie que nous avons. Il a aussi mis l’accent sur les conditions indispensables pour augmenter l’espérance de vie de l’Haïtien : par exemple, il faut améliorer notre système de santé, avoir un environnement sain, bien gérer la population et le territoire.

Il a exposé les 3 grands axes du plan gouvernement de reconstruction : la refondation territoriale, la refondation sociale et la refondation institutionnelle.
Pour la refondation territoriale, il a fait référence à une étude qui a été réalisée sur la répartition géographique des dépôts dans le système bancaire haïtien. Par exemple, 20% des dépôts est concentré dans le Grand Nord (environ 6 milliards de gourdes), 4 milliards de gourdes dans le Grand Sud et 85% des dépôts dans l’Ouest (contenant 40% de la population). Donc, seulement l’Ouest contient plus de 85% de l’ensemble des dépôts du système bancaire, et 15% pour toutes les autres zones. Il y a une très grande concentration et centralisation à Port-au-Prince. On comprend pourquoi quand Port-au-Prince est affecté par les tragédies, le pays est durement frappé. Il faut absolument décentraliser pour ne pas tout perdre au cours des éventuelles catastrophes naturelles (qui s’annoncent). Le conférencier a insisté sur la nécessité d’avoir des chiffres, des statistiques et d’autres données qualitatives et quantitatives pour mieux poser des problèmes, chercher des solutions et prendre des positions.

Dans cette refondation territoriale, Mirebalais (et toute la région dite transversale) deviendra l’une des villes les plus importantes parce qu’elle reliera plusieurs zones géographiques. Port-au-Prince restera la capitale financière, le Grand Nord sera un pôle de développement du tourisme.

Cette nouvelle redistribution territoriale s’impose en raison de l’éclatement territorial qu’a connu le pays suite au séisme du 12 janvier (par exemple, les déplacements massifs des personnes de Port-au-Prince vers les villes de province). Actuellement la population de la Capitale a diminué ; par contre, elle a augmenté dans d’autres zones telles que le Grand Sud. Il faut penser sérieusement à la décentralisation ; pour ce, il faut créer des pôles de développement économique, des ports, des aéroports, d’autres infrastructures...

Le plan gouvernemental de reconstruction prévoit aussi la refondation sociale dont l’éducation et la santé figurent parmi les éléments clés. Par exemple, il faudra créer une société apprenante où l’accès à l’éducation de base sera généralisé, l’innovation scientifique et technique sera promue et une université publique moderne sera créée en vue de façonner le nouveau modèle de citoyen. Par ailleurs, le conférencier s’est interrogé sur la qualité de l’éducation en Haïti ; puis, il montre l’importance d’investir dans l’éducation en vue d’avoir des ressources humaines qualifiées. Mais, fait-il remarquer, il faut avoir un bon système de santé et réduire la vulnérabilité de notre environnement… pour pouvoir conserver et prendre soin de ces ressources humaines et aussi pour augmenter notre espérance de vie. Donc, sans le social, on n’aura pas l’économique ni le territorial.

Le plan gouvernemental pose aussi la question de la refondation institutionnelle en vue de créer une nouvelle gouvernance. Cette refondation doit commencer par l’administration publique pour ensuite s’étendre au secteur privé. Le conférencier pose la nécessité pour les deux secteurs de s’ajuster aux nouvelles réalités, d’y découvrir les menaces et les opportunités en vue de se positionner avec une vision et une stratégie. Il a donné l’exemple de la République Dominicaine qui, tout en donnant un coup de main à Haïti après le séisme, profite des opportunités actuelles (dont les fonds promis mis et autres possibilités d’investissements et demandes de services). Alors que la diplomatie haïtienne est pratiquement morte, les Dominicains parlent d’Haïti partout dans le monde et organise des sommets sur la reconstruction du pays. D’où l’importance du diplomatique pour le social et l’économique.

La refondation institutionnelle comprend des grands thèmes, dont : la gouvernance, risques et désastres, secteurs sociaux, infrastructures (ports…), services productifs (agriculture, tourisme..), secteur transversal (jeunes, équité du genre, gestion de l’information). Concernant le thème « risques et désastres », le conférencier souligne qu’Haïti peut devenir un expert en la matière, si nous profitons de notre expérience (faire des recherches) en vue de la vendre postérieurement. Il y a également des sous-thèmes qui figurent dans la refondation institutionnelle, dont : la justice, la gouvernance administrative, les services publics.

Le conférencier a informé que 50% du budget du plan gouvernemental (5 milliard de dollars américains dont 2 milliards pour l’éducation) est alloué aux secteurs sociaux ; la BID serait très intéressée à appuyer l’éducation en Haïti. Le gouvernement prévoit également d’allouer des fonds très considérables d’argent à l’agriculture.