DOCUMENT FINAL
Préambule
Tout de suite après le séisme du 12 janvier 2010, les Jésuites d’Haïti, sur demande expresse de leur Supérieur Provincial, le Père Daniel Leblond, de nationalité canadienne, ont mis en place un dispositif d’urgence pour venir en aide aux populations sinistrées. Dans le combat contre l’adversité et le soutien aux sinistrés de la catastrophe, ils ont reçu le concours de la Société Civile de la République Dominicaine et des Jésuites d’autres régions du monde : États-Unis d’Amérique du nord, Europe, Afrique, Asie, Amérique latine, etc.
Parallèlement aux actions de terrain visant l’apport d’une aide humanitaire substantielle aux sinistrés, une réflexion s’est, tout de suite, engagée sur l’impact et les conséquences matériels et immatériels du séisme sur les populations sinistrées et sur le pays en général : praxis de coopération internationale du moment par le biais de l’aide humanitaire d’urgence, souveraineté nationale, rôle de la Société Civile et de l’État Haïtiens dans le processus de reconstruction du pays.
• La « Cellule de Réflexion et d’Action » des Jésuites et de la Société Civile est un produit du confluent « actions-reflexions »
• Par la création de la « Cellule de Réflexion et d’Action » les Jésuites et les organisations de la Société civile veulent faire oeuvre pérenne et continuer d’accompagner le peuple haïtien, ses leaders et la communauté internationale dans les efforts à déployer à court, moyen et long terme pour la reconstruction d’Haïti.
• L’objectif est double :
Accompagner la société civile haïtienne et amener les décideurs politiques, les responsables internationaux à agir dans le sens des intérêts réels de la population haïtienne dans le processus de reconstruction du pays.
Offrir aux populations et à la Société Civile nationales un espace inclusif, ouvert et non partisan de rencontre, d’échange et de réflexion en vue de participer de manière effective à la reconstruction du pays à travers la production et la mise en œuvre d’un nouveau projet de société pour Haïti.
• Le texte que la « Cellule » met sous vos yeux, aujourd’hui, n’est nullement un document technique sur la reconstruction, mais une proposition d’orientations stratégiques, une « tentative » d’apporter une contribution à l’effort national de penser un projet de refondation de notre pays. Le geste est conforme à l’exigence cent fois relatée qu’un nouveau projet de société pour Haïti doit être élaboré par et pour les Haïtiens en réponse aux besoins réels du pays.
• Il est clair que ce projet ne doit pas être imposé de l’extérieur; ni parachuté par les agences multilatérales et les gouvernements étrangers; au contraire, il doit jaillir de notre génie de peuple, de notre riche patrimoine historique, social et culturel, de nos formes multiples de résistance.
I.- État des lieux
1.1.- Haïti avant le 12 janvier 2010
Parler de l’Haïti d’avant le 12 janvier 2010 nous renvoie obligatoirement au lendemain du 7 février 1986 où le peuple haïtien en un virage sans précèdent dans son histoire, a opté pour la démocratie participative et un projet de société structuré dans une nouvelle Constitution axée sur la division des pouvoirs et la décentralisation : la Constitution de 1987.
Une analyse de la praxis politique des années qui ont suivi, révèle en toute clarté, que la démocratie haïtienne est demeurée un vœu et une institution à construire. En effet, en dépit des provisions constitutionnelles pour la mise en place et le renforcement des collectivités territoriales, ce qui permettrait d`étendre les services de base à un plus fort pourcentage de la population, les lois d`application tardent à venir, reléguées au second plan des priorités d`hommes politiques obnubilés par la permanence au pouvoir de leurs acolytes. Par ailleurs, les tentatives ponctuelles tendant à sortir Haïti du pétrin n’ont eu pour conséquence que l’accentuation de la division, la multiplication de partis politiques minuscules, de grands blocages d’origine institutionnel, politique et économique. Les différents leaders, groupes ou regroupements propulsés au timon des affaires de l’État Haïtien n’ont su ni réaliser la rupture d’avec une crise bicentenaire ni mettre la société hattienne à produire.
Il en est résulte une situation de pauvreté extrême avec un revenu moyen de US $ 1.00 dollar par tête par jour. Haïti figure parmi les plus pauvres de l’Hémisphère occidental en rapport avec l’indice de développement des Nations Unies. C’est également le pays le plus inégalitaire en matière de distribution de revenus; car selon les études économiques les plus récentes, dix (10) pour cent des personnes les plus riches reçoivent cinquante (50) pour cent du revenu national. Des pratiques d’exclusion sociale marquée privent la majeure partie de la population d’emplois rémunérateurs, des services sociaux de santé, d’éducation et de protection sociale.
Cette situation inégalitaire s’accentue au niveau de la répartition géographique des services fournis. En effet, la concentration à Port-au-Prince des principales infrastructures administratives, économiques et sociales, en a fait une mégalopole incapable de fournir à la population les services indispensables d’électricité, d’eau potable, de ramassage des ordures ménagères. L’exode rural devient incontrôlable, les villes de province qui devaient servir de relais à la migration vers Port-au-Prince, ne sont pas en mesure de jouer leur rôle, faute d`infrastructures.
Des objectifs mondiaux pour le millénaire du Développement sont fixés (OMD), un document intitulé (DSNCRP) élaboré pour le Gouvernement avec l’assistance technique et financière du PNUD et de la Banque Mondiale. Cependant, le financement attendu pour la mise en œuvre de ces instruments était bien en deçà des déclarations d’intention des agences externes au cours de réunions internationales à grand renfort médiatique. Il s’ensuit qu’en janvier 2010, la plupart des programmes et projets du DSNCRP tardent encore à voir le jour. Il faut également mentionner comme l’une des causes, si ce n`est pas la principale, l’effet dévastateur des trois cyclones de 2008 qui ont conduit les instances concernées à reporter momentanément, certaines priorités définies dans les instruments susmentionnés.
Il convient, aussi, de signaler la création par la Présidence d’une commission dont le mandat était de réaliser des consultations sur l’éventualité d’une révision constitutionnelle, et l’impossibilité de tenir les élections législatives à temps pour renouveler la chambre des députés et le tiers du Sénat. Le processus visant l’amendement de la Constitution de 1987 enclenché avant le séisme se trouve bloqué. Par ailleurs, au 10 mai 2010, le Sénat sera rendu inopérant par le fait de la non existence de la chambre des députés. Pour voter les lois, il faut les deux chambres!
1.2.- Haïti après le 12 Janvier 2010
1.2.1.- Évaluation des dégâts
• Des centaines de milliers de morts et de sans abris
• Destruction de Léogane, de Gressier, de Port-au-Prince, du Palais National et du Centre Gouvernemental, des dégâts considérables à Jacmel, Grand Goave ,
• Destruction des principaux symboles politiques, sociaux et spirituels du pays : Palais National, Palais de Justice, Palais Législatif, les Ministères, l’Administration Générale des Contributions, de cathédrales, d’églises et d’écoles
• Désarticulation totale des principales institutions du pays
• Affaissement quasi total de l’autorité de l’État.
• Grandes vagues migratoires de la capitale vers les campagnes et les villes de province qui confrontent déjà de graves problèmes économiques et sociaux
• Aggravation de la situation alarmante décrite plus haut et un pays au bord d’une catastrophe humanitaire et d’une crise sociopolitique sans précédent
1.2 2.- Afflux de l’aide humanitaire.
• Non coordination de l’aide internationale et Insatisfaction de la population.
• Impression que la communauté internationale œuvre dans l’indéfinition et la cacophonie la plus totale
• Interventions réalisées en fonction des intérêts stratégiques de chaque intervenant sans tenir compte des besoins et préoccupations des représentants naturels du peuple haïtien et des sinistrés.
• Forums internationaux à tenir en dehors du pays avec le leadership des gouvernements occidentaux et des agences multilatérales, sans participation effective des principaux acteurs de la société haïtienne
II- Vision
Un nouveau projet de société pour Haïti devrait s’articuler autour d’axes qui prennent en compte la nouvelle vision voulue par l’ensemble de la société haïtienne (institutions majeures, structures étatiques, société civile, populations organisées, secteurs sociaux, economiques et religieux) et les exigences de developpement, de sauvegarde du patrimoine national : Environnement, economie, justice, culture etc.
Une telle vision doit prendre en compte
1o) La défense de l’intégrité du territoire, de la vie de tous les citoyens et des êtres qui y vivent
2o) La protection et le respect de l’environnement
3o) La participation de toutes les catégories sociales dans la vie politique et économique dans une dymanique d’équité de genres et de justice.pour tous
4o) Une société d’équité marquée par l’entente citoyenne, le respect des plus faibles, l’éducation des enfants et l’implication de tous les citoyens dans une dynamique de production et d’efforts pour le développement national.
5o) Une société forte démocratiquement grâce a la séparation des pouvoirs, l’alternance politique, le respect des droits et des devoirs.
III- Orientations stratégiques
En complément de la vision décrite, des orientations stratégiques permettent de visualiser le cadre de réalisation des actions à prendre pour la refondation de la nation et la reconstruction du pays. Elles sont d’ordre économique, institutionnel, politique et culturel.
3.1 Aspect économique
-Politique de production orientée vers l’amélioration des conditions de vie, l’autosuffisance alimentaire et l’exportation
- Politique de plein emploi (travaux à haute intensité de main d’œuvre dans le secteur environnemental (aménagement de bassins versants, reboisement, curage des canaux, assainissement etc.) et dans le secteur de l’agriculture -élevage.
-Agriculture et agro industrie : profiter des avantages comparatifs d’Haïti que sont la variété de climats, la main d’œuvre disponible sur toute l’étendue du territoire
- Sous traitance
- Tourisme
-Gestion de l’aide internationale et des cotisations des Haïtiens vivant à l’étranger
- Politique de crédit
- Coopérativisme
3.2 Aspect institutionnel
- Justice et forces publiques (sécurité publique dans le concept moderne)
- Santé publique : mettre les soins de santé a la portée de tous les citoyens
- Éducation : rechercher la scolarité universelle et la gratuite de l’enseignement fondamental
- Décentralisation voire fédéralisme
- Renforcer les infrastructures comme base de développement et d’intégration sociale
- Développer le civisme et une culture de tolérance
3.3 Aspect politique :
- Constitution de système politique. Convoquer un grand débat national et répondre aux grandes questions : Par exemple : Quel système politique pour Haïti? Président et Premier Ministre? Bicaméral, monocaméral ?etc.
- État de droit et démocratie (créer des conditions pour la tenue de bonnes élections)
- Contrôle et monitoring des actions et décisions étatiques
- Continuité dans la gestion des affaires de l’État
3.4 Aspect culturel
- Promotion et rentabilisation de la Culture haïtienne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
IV- Actions
4.1.- A très court terme :
- Appeler toutes les compétences haïtiennes disponibles en Haïti et à l’étranger pour qu’elles apportent leur quote-part au combat national pour la survie de leur pays.
- Coordonner, harmoniser et orienter les actions stratégiques tendant à résorber la crise sur toute l’étendue du territoire.
- Résoudre les problèmes des abris provisoires : coordination de l’aide humanitaire internationale, logement des familles, soins de santé
- Donner une large participation aux cadres techniques et professionnels haïtiens dans les taches de constructions d’abris et autres habitats.
- Lancer un vaste plan de construction de logements sociaux pour relocaliser les gens des bidonvilles de la région métropolitaine de Port-au-Prince et des villes dévastées
- Organiser la Société Civile en vue de la porter a s’associer aux efforts tendant à donner le branle a un vaste mouvement national et citoyen visant a poursuivre la lutte contre l’adversité, à réfléchir et faire des propositions quant au nouveau projet de société requis pour Haïti.
- Porter la communauté internationale à reconnaître et respecter les efforts des organisations haïtiennes qui réfléchissent sur les options à prendre pour le relèvement de la nation et la reconstruction du pays au lieu de tenter de se substituer à elles.
- Créer dans un premier temps au niveau des départements les plus vulnérables des centres départementaux d’équipements pour des interventions d’urgence en cas de catastrophe
- Rendre opérationnelles sur une base citoyenne les cellules communales de gestion de
risques et désastres par la mise en place de brigades de secouristes équipées en vue d’intervention rapide en cas de nouvelles catastrophes
- Concevoir et exécuter une campagne nationale de motivation et d’information sur les comportements à adopter à l’occasion des cyclones et des tremblements de terre
- Lancer un programme de remise sur pied des infrastructures d’éducation détruites (primaire, secondaire, universitaire). Appui aux principales institutions éducatives privées.
- Réouverture effective des classes dans les départements les plus affectés
- Prise en charge immédiate de l’école haïtienne : viatique au professeur décapitalisés et éprouvés, scolarité des élèves pour le reste de l’année, dotation des écoles en « unités préfabriquées (portable schools). Les bâtiments mêmes classés « verts » par les experts ne seront pas immédiatement utilisables. Parents et élèves abhorrent le béton!
- Donner le branle à un processus tendant à l’organisation d’un grand débat inclusif, seule option méthodologique appropriée pour la participation de l’ « Haïti en dehors » (haïtiens vivant à l’étranger, paysannerie, populations marginalisées etc.) dans les questions nationales
- Mise en place d’associations de sinistrés pour permettre surtout à ceux qui ont perdu des biens considérables (biens meubles et immeubles) de relancer leur vie économique
4.2 Actions à court terme :
-Réaliser un débat inclusif comme recours méthodologique pour doter le pays d’un nouveau projet de société élaboré dans la concertation ,l’entente citoyenne et la participation des représentants de toutes les couches de la société nationale haïtienne
- En accord avec les conclusions du débat inclusif, mettre en place des infrastructures administratives déconcentrées dans le pays, telles les Archives Nationales, l’Immigration, l’Office National d’Identification, renforcer les structures sectorielles déconcentrées.
- Actualiser le schéma d’Aménagement du Territoire et les potentialités régionales.
- Subdiviser le pays en Régions en fonction de certaines affinités territoriales et des exigences de développement.
- Remettre sur pied les principaux symboles de l’autorité de l’État : Palais national, Palais de justice, tribunaux, polices nationale, DGI etc. dans le cadre d’un nouveau projet de refondation du pays
-Publier la charte des Collectivités Territoriales avec les lois d’application sur le fonctionnement des collectivités territoriales de sections communales, de communes et de conseil départemental.
-Remettre le secteur agricole à produire, avec la pleine conscience du fait que la dynamique d’aide ne peut être qu’éphémère. Rôle central à accorder aux paysans et à leurs organisations.
-Promouvoir un leadership soucieux de la refondation de l’État dans une dynamique qui rassemble les forces vives de la nation et porte les populations organisées a s’imposer en interlocuteurs des intervenants internationaux, notamment, l’inclusion de sinistrés ou de leurs représentants légitimes dans les clusters et forums qui envisagent le lendemain et le devenir du pays.
-Rouvrir les ports au commerce extérieur du Cap-Haïtien, de Port de Paix, de Fort Liberté, des Gonaives, de Saint Marc, de Petit-goâve, de Miragoane, de Jérémie, des Cayes et de Jacmel.
-Lancer un vaste programme de création d’emplois à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones sinistrées et eu peu partout dans le pays
-Poursuivre l’implantation des infrastructures de base dans les Grandes Régions, à savoir, Routes, télécommunication, Électricité, Port, Aéroport.
-Créer une structure autonome pour la planification et la gestion de la Reconstruction du pays.
4.3 - A moyen et long terme :
- Élaborer, au moyen de la méthodologie de la recherche action-participation, des plans et programmes régionaux et départementaux qui tiennent compte des spécificités de chaque région et département et des nouvelles stratégies de développement adoptées pour le pays.
-Implanter dans d’autres régions ou dans les départements, de vrais campus universitaires offrant aux étudiants de ces régions des variétés de carrières répondant aux potentialités régionales et aux standards mondiaux d’éducation au niveau supérieur
-Implanter des parcs industriels en dehors de Port-au-Prince.
-Ouvrir le pays à l`investissement privé en accordant plus de facilités aux investisseurs nationaux et aux étrangers désireux de s’implanter dans les régions en dehors de Port-au-Prince
-Favoriser le regroupement des collectivités territoriales en vue de fournir à leur population des services incombant à la commune et que cette dernière ne serait pas en mesure de fournir seule étant donné la limitation de ressources financières générées.
-Adapter le système fiscal haïtien en fonction des nouvelles exigences de la décentralisation administrative
V.- MESURES D’ACCCOMAPGNEMENT URGENTES POUR RENDRE POSSIBLE LA RECONSTRUCTION
5.1.- Pour gérer la refondation du pays, mettre en place immédiatement UNE COMMISSION AUTONOME NATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION formée de représentants crédibles de l’État et de la société civile haïtienne et appuyée en majorité par d’excellents experts haïtiens de l’intérieur du pays et de la diaspora haïtienne
5.2.-En vue d’arriver à la stabilité politique requise pour la reconstruction, faire démarrer le PROCESSUS DE CONCERTATION, D’ACTION ET DE MOBILISATION POUR LA TENUE D’ELECTIONS CREDIBLES DANS LE PAYS.
5.3.- Pour bien asseoir la refondation de la nation que la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action pourra amener, il importe de PARTIR DE NOUVEAUX PARADIGMES : PARTICIPATION, COMPÉTENCE, VALORISATION DES RESSOURCES LOCALES, UTILISATION INTELLIGENTE DE LA COOPÉRATION FINANCIERE ET TECHNIQUE INTERNATIONALES, d’une NOUVELLE MYSTIQUE nourrie des valeurs inhérentes à notre identité de peuple, de notre riche patrimoine historique et culturel.
5.4.- Il est important de REFAIRE LE PELERINAGE DE L’ARCAHAIE du 18 mai 1803 afin de RASSEMBLER LE PEUPLE HAITIEN AUTOUR D’UN IDEAL COMMUN, celui de contribuer par la solidarité à l’amélioration des conditions de vie du peuple haïtien dans toutes ses composantes. La récupération de ces valeurs perdues suppose une action à long terme qui doit commencer à l’école par la RÉINTRODUCTION DANS LE CURRICULUM SCOLAIRE DE L’ENSEIGNEMENT DE L’INSTRUCTION CIVIQUE afin de raviver le sentiment d’appartenance à cette nation haïtienne conquise de haute lutte en 1804.
5.5.- Il est urgent de créer chez l’enfant haïtien de CETTE CULTURE DU RISQUE qui lui fournira les comportements à adopter face aux catastrophes naturelles susceptibles de frapper Haïti.
5.6.- Compte tenu de la place prépondérante de la religion dans la société haïtienne, il convient de donner à certaines valeurs religieuses une place importante dans le processus de refondation de la nation: LA SOLIDARITÉ ET LE PARTAGE, LE RESPECT DU BIEN COMMUN ET SPÉCIALEMENT DE L’ENVIRONNEMENT, LE RESPECT DE LA VIE ET DE LA PERSONNE HUMAINE, LA SUBSIDIARITÉ, LA DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS etc.
Pour la « Cellule de Réflexion et d’Action » :
1) R.P Kawas FRANÇOIS SJ, Délégué du Provincial des Jésuites du Canada français et d’Haïti,
Coordonnateur de la « Cellule de Réflexion et d’Action »
2) Professeur Amary Joseph NOEL,
Coordonnateur Général de la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR)
Ceux qui adhèrent aux principales idées de ce document peuvent apposer leur signature. Il sera envoyé aux principaux décideurs, à la presse nationale et internationale etc.…
1-
2-
3-
La Cellule de Réflexion et d'Action (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile d'Haïti est un espace inclusif et ouvert qui apporte des idées et des propositions "alternatives" autour du processus de la reconstruction d'Haïti.
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vendredi 19 mars 2010
lundi 8 mars 2010
Orientations stratégiques pour l’élaboration d’un plan de reconstruction d’Haïti
Préambule
Tout de suite après le séisme du 12 janvier 2010, les Jésuites d’Haïti, sur demande expresse de leur Supérieur Provincial, le Père Daniel Leblond, de nationalité canadienne, ont mis en place un dispositif d’urgence pour venir en aide aux populations sinistrées. Dans le combat contre l’adversité et le soutien aux sinistrés de la catastrophe, ils ont reçu le concours de la Société Civile de la République Dominicaine et des Jésuites d’autres régions du monde : États-Unis d’Amérique du nord, Europe, Afrique, Asie, Amérique latine etc.
Parallèlement aux actions de terrain visant l’apport d’une aide humanitaire substantielle aux sinistrés, une réflexion s’est, tout de suite, engagée sur l’impact et les conséquences matériels et immatériels du séisme sur les populations sinistrées et sur le pays en général : praxis de coopération internationale du moment par le biais de l’aide humanitaire d’urgence, souveraineté nationale, rôle de la Société Civile et de l’État Haïtiens dans le processus de reconstruction du pays.
• La « Cellule de Réflexion et d’Action » des Jésuites et de la Société Civile est un produit du confluent « actions-reflexions »
• Par la création de la « Cellule de Réflexion et d’Action » les Jésuites et les organisations de la Société civile veulent faire oeuvre pérenne et continuer d’accompagner le peuple haïtien, ses leaders et la communauté internationale dans les efforts à déployer à court, moyen et long terme pour la reconstruction d’Haïti.
• L’objectif est double :
Accompagner la société civile haïtienne et amener les décideurs politiques, les responsables internationaux à agir dans le sens des intérêts réels de la population haïtienne dans le processus de reconstruction du pays.
Offrir aux populations et à la Société Civile nationales un espace inclusif, ouvert et non partisan de rencontre, d’échange et de réflexion en vue de participer de manière effective à la reconstruction du pays à travers la production et la mise en œuvre d’un nouveau projet de société pour Haïti.
• Le texte que la « Cellule » met sous vos yeux, aujourd’hui, n’est nullement un document technique sur la reconstruction, mais une proposition d’orientations stratégiques, une « tentative » d’apporter une contribution à l’effort national de penser un projet de refondation de notre pays. Le geste est conforme à l’exigence cent fois relatée qu’un nouveau projet de société pour Haïti doit être élaboré par et pour les Haïtiens en réponse aux besoins réels du pays.
• Consciente que la société civile est complexe et traversée par des courants divers, opposées et des intérêts divergents, la «Cellule de Réflexion et d’Action» réaffirme sa foi en la possibilité de créer un consensus national autour des grandes questions et des valeurs essentielles qui fondent notre existence comme peuple et dont dépend notre survie individuelle et collective.
• Il est clair que ce projet ne doit pas être imposé de l’extérieur; ni parachuté par les agences multilatérales et les gouvernements étrangers; au contraire, il doit jaillir de notre génie de peuple, de notre riche patrimoine historique, social et culturel, de nos formes multiples de résistance.
• La démarche de la « Cellule de Réflexion et d’Action », aujourd’hui, invite l’ensemble des organisations de la Société Civile haïtienne et tous ceux qui se sentent concernés à se l’approprier après y avoir apposé leur touches de critiques par des ajouts ou des retraits.
I.- État des lieux
1.1.- Haïti avant le 12 janvier 2010
Situation de pauvreté extrême avec un revenu moyen de US $ 1.00 dollar par tête par jour, Haïti figure parmi les plus pauvres de l’Hémisphère occidentale en rapport avec l’indice de développement des Nations Unies. C’est également le pays le plus inégalitaire en matière de distribution de revenus; car selon les études économiques les plus récentes, dix (10) pour cent des personnes les plus riches reçoivent cinquante (50) pour cent du revenu national. Il en résulte une exclusion sociale marquée qui prive la majeure partie de la population d’emplois rémunérateurs, des services sociaux de santé, d’éducation et de protection sociale.
Cette situation inégalitaire s’accentue au niveau de la répartition géographique des services fournis. En effet, la concentration à Port-au-Prince des principales infrastructures administratives, économiques et sociales, en a fait une mégalopole incapable de fournir à la population les services indispensables d’électricité, d’eau potable, de ramassage des ordures ménagères. L’exode rural devient incontrôlable, les villes de province qui devaient servir de relais à la migration vers Port-au-Prince, ne sont pas en mesure de jouer leur rôle, faute d`infrastructures.
Et en dépit des provisions constitutionnelles pour la mise en place et le renforcement des collectivités territoriales, ce qui permettrait d`étendre les services de base à un plus fort pourcentage de la population, les lois d'application tardent à venir, reléguées au second plan des priorités d'hommes politiques obnubilés par la permanence au pouvoir de leurs acolytes.
Des objectifs mondiaux pour le millénaire du Développement sont fixés (OMD), un document intitulé "DSNCRP" élaboré pour le Gouvernement avec l’assistance technique et financière du PNUD et de la Banque Mondiale. Cependant, le financement attendu pour la mise en œuvre de ces instruments était bien en deçà des déclarations d’intention des agences externes au cours de réunions internationales à grand renfort médiatique. Il s’ensuit qu’en janvier 2010, la plupart des programmes et projets du DSNCRP tardent encore à voir le jour. Il faut également mentionner comme l’une des causes, si ce n`est pas la principale, l’effet dévastateur des trois cyclones de 2008 qui ont conduit les instances concernées à reporter momentanément, certaines priorités définies dans les instruments susmentionnés.
1.2.- Haïti après le 12 Janvier 2010
1.2.1.- Évaluation des dégâts
• Des centaines de milliers de morts et de sans abris
• Destruction de Léogane, de Gressier, de Port-au-Prince, du Palais National et du Centre Gouvernemental, des dégâts considérables à Jacmel, Grand Goave, Petit-Goâve...
• Destruction des principaux symboles politiques, sociaux et spirituels du pays : Palais National, Palais de Justice, Palais Législatif, les Ministères, l’Administration Générale des Contributions, de cathédrales, d’églises et d’écoles
• Désarticulation totale des principales institutions du pays
• Affaissement quasi total de l’autorité de l’État.
• Grandes vagues migratoires de la capitale vers les campagnes et les villes de province qui sont déjà confrontées à de graves problèmes économiques et sociaux
• Aggravation de la situation alarmante décrite plus haut et un pays au bord d’une catastrophe humanitaire et d’une crise sociopolitique sans précédent.
1.2 2.- Afflux de l’aide humanitaire
• Non coordination de l’aide internationale et Insatisfaction de la population.
• Impression que la communauté internationale œuvre dans l’indéfinition et la cacophonie la plus totale.
• Interventions réalisées en fonction des intérêts stratégiques de chaque intervenant sans tenir compte des besoins et préoccupations des représentants naturels du peuple haïtien et des sinistrés.
• Forums internationaux à tenir en dehors du pays avec le leadership des gouvernements occidentaux et des agences multilatérales, sans participation effective des principaux acteurs de la société haïtienne.
II- Orientations stratégiques
2.1.- A court terme
a) Remettre sur pied les principaux symboles de l’autorité de l’État : Palais national, Palais de justice, tribunaux, polices nationale, DGI, etc. dans le cadre d’un nouveau projet de refondation du pays
b) Résoudre les problèmes des abris provisoires : coordination de l’aide humanitaire internationale, logement des familles, soins de santé
c) Donner une large participation aux cadres techniques et professionnels haïtiens dans les tâches de constructions d’abris et autres habitats.
d) Remettre le secteur agricole à produire, avec la pleine conscience du fait que la dynamique d’aide ne peut être qu’éphémère. Rôle central à accorder aux paysans et à leurs organisations.
e) Lancer un vaste plan de construction de logements sociaux pour relocaliser les gens des bidonvilles de la région métropolitaine de Port-au-Prince et des villes dévastées
f) Promouvoir un leadership soucieux de la refondation de l’État dans une dynamique qui rassemble les forces vives de la nation et porte les populations organisées a s’imposer en interlocuteurs des intervenants internationaux, notamment, l’inclusion de sinistrés ou de leurs représentants légitimes dans les clusters et forums qui envisagent le lendemain et le devenir du pays
g) Coordonner, harmoniser et orienter les actions stratégiques tendant à résorber la crise sur toute l’étendue du territoire
h) Rouvrir les ports au commerce extérieur du Cap-Haïtien, de Port-de-Paix, de Fort-Liberté, des Gonaives, de Saint-Marc, de Petit-Goâve, de Miragoane, de Jérémie, des Cayes et de Jacmel
i) Appeler toutes les compétences haïtiennes disponibles en Haïti et à l’étranger pour qu’elles apportent leur quote-part au combat national pour la survie de leur pays
j) Organiser la Société Civile en vue de la porter à s’associer aux efforts tendant à donner le branle à un vaste mouvement national et citoyen visant à poursuivre la lutte contre l’adversité, à réfléchir et faire des propositions quant au nouveau projet de société requis pour Haïti
k) Porter la communauté internationale à reconnaître et respecter les efforts des organisations haïtiennes qui réfléchissent sur les options à prendre pour le relèvement de la nation et la reconstruction du pays au lieu de tenter de se substituer à elles
l) Rendre opérationnelles sur une base citoyenne les cellules communales de gestion de risques et désastres par la mise en place de brigades de secouristes équipées en vue d’intervention rapide en cas de nouvelles catastrophes
m) Concevoir et exécuter une campagne nationale de motivation et d’information sur les comportements à adopter à l’occasion des cyclones et des tremblements de terre
n) Créer dans un premier temps au niveau des départements les plus vulnérables des centres départementaux d’équipements pour des interventions d’urgence en cas de catastrophe
o) Lancer un vaste programme de création d’emplois à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones sinistrées et un peu partout dans le pays
p) Lancer un programme de remise sur pied des infrastructures d’éducation détruites (primaire, secondaire, universitaire). Appui aux principales institutions éducatives privées
q) Réouverture effective des classes dans les départements les plus affectés
r) Prise en charge immédiate de l’école haïtienne : viatique aux professeurs décapitalisés et éprouvés, scolarité des élèves pour le reste de l’année, dotation des écoles en « unités préfabriquées" (portable schools). Les bâtiments mêmes classés « verts » par les experts ne seront pas immédiatement utilisables. Parents et élèves abhorrent le béton!
s) Poursuivre l’implantation des infrastructures de base dans les Grandes Régions, à savoir, Routes, télécommunication, Électricité, Port, Aéroport
t) Créer une structure autonome pour la planification et la gestion de la Reconstruction du pays
u) Donner le branle à un processus tendant à l’organisation d’un grand débat inclusif, seule option méthodologique appropriée pour la participation de l’ « Haïti en dehors » (haïtiens vivant à l’étranger, paysannerie, populations marginalisées etc.) dans les questions nationales
v) Mise en place d’associations de sinistrés pour permettre surtout à ceux qui ont perdu des biens considérables (biens meubles et immeubles) de relancer leur vie économique
2.2.- A moyen et long terme :
a) Publier la charte des Collectivités Territoriales avec les lois d’application sur le fonctionnement des collectivités territoriales de sections communales, de communes et de conseil départemental.
b) Actualiser le schéma d’Aménagement du Territoire et les potentialités régionales.
c) Subdiviser le pays en Régions en fonction de certaines affinités territoriales et des exigences de développement.
d) En accord avec les conclusions du débat inclusif, mettre en place des infrastructures administratives déconcentrées dans le pays, telles les Archives Nationales, l’Immigration, l’Office National d’Identification, renforcer les structures sectorielles déconcentrées.
e) Élaborer, au moyen de la méthodologie de la recherche action-participation, des plans et programmes régionaux et départementaux qui tiennent compte des spécificités de chaque région et département et des nouvelles stratégies de développement adoptées pour le pays.
f) Implanter dans d’autres régions ou dans les départements, de vrais campus universitaires offrant aux étudiants de ces régions des variétés de carrières répondant aux potentialités régionales et aux standards mondiaux d’éducation au niveau supérieur
g) Implanter des parcs industriels en dehors de Port-au-Prince.
h) Ouvrir le pays à l`investissement privé en accordant plus de facilités aux investisseurs nationaux et aux étrangers désireux de s’implanter dans les régions en dehors de Port-au-Prince.
i) Favoriser le regroupement des collectivités territoriales en vue de fournir à leur population des services incombant à la commune et que cette dernière ne serait pas en mesure de fournir seule étant donné la limitation de ressources financières générées.
j) Adapter le système fiscal haïtien en fonction des nouvelles exigences de la décentralisation administrative
III.- MESURES D’ACCCOMAPGNEMENT URGENTES POUR RENDRE POSSIBLE LA RECONSTRUCTION
3.1.- Pour gérer la refondation du pays, mettre en place immédiatement UNE COMMISSION AUTONOME NATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION formée de représentants crédibles de l’État et de la société civile haïtienne et appuyée en majorité par d’excellents experts haïtiens de l’intérieur du pays et de la diaspora haïtienne.
3.2.-En vue d’arriver à la stabilité politique requise pour la reconstruction, faire démarrer le PROCESSUS DE CONCERTATION, D’ACTION ET DE MOBILISATION POUR LA TENUE D’ELECTIONS CREDIBLES DANS LE PAYS.
3.3.- Pour bien asseoir la refondation d’Haïti que la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action pourra amener, il importe de PARTIR DE NOUVEAUX PARADIGMES : PARTICIPATION, COMPÉTENCE, VALORISATION DES RESSOURCES LOCALES, UTILISATION INTELLIGENTE DE LA COOPÉRATION FINANCIERE ET TECHNIQUE INTERNATIONALES, d’une NOUVELLE MYSTIQUE nourrie des valeurs inhérentes à notre identité de peuple, de notre riche patrimoine historique et culturel.
3.4.- Il est important de REFAIRE LE PELERINAGE DE L’ARCAHAIE du 18 mai 1803 afin de RASSEMBLER LE PEUPLE HAITIEN AUTOUR D’UN IDEAL COMMUN, celui de contribuer par la solidarité à l’amélioration des conditions de vie du peuple haïtien dans toutes ses composantes. La récupération de ces valeurs perdues suppose une action à long terme qui doit commencer à l’école par la RÉINTRODUCTION DANS LE CURRICULUM SCOLAIRE DE L’ENSEIGNEMENT DE L’INSTRUCTION CIVIQUE afin de raviver le sentiment d’appartenance à cette nation haïtienne conquise de haute lutte en 1804.
3.5.- Il est urgent de créer chez l’enfant haïtien CETTE CULTURE DU RISQUE qui lui fournira les comportements à adopter face aux catastrophes naturelles susceptibles de frapper Haïti.
3.6.- Compte tenu de la place prépondérante de la religion dans la société haïtienne, il convient de donner à certaines valeurs religieuses une place importante dans le processus de refondation de la nation: LA SOLIDARITÉ ET LE PARTAGE, LE RESPECT DU BIEN COMMUN ET SPÉCIALEMENT DE L’ENVIRONNEMENT, LE RESPECT DE LA VIE ET DE LA PERSONNE HUMAINE, LA SUBSIDIARITÉ, LA DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS, etc.
Ceux qui adhèrent aux principales idées de ce document peuvent apposer leur signature. Il sera envoyé aux principaux décideurs, à la presse nationale et internationale, etc…
Tout de suite après le séisme du 12 janvier 2010, les Jésuites d’Haïti, sur demande expresse de leur Supérieur Provincial, le Père Daniel Leblond, de nationalité canadienne, ont mis en place un dispositif d’urgence pour venir en aide aux populations sinistrées. Dans le combat contre l’adversité et le soutien aux sinistrés de la catastrophe, ils ont reçu le concours de la Société Civile de la République Dominicaine et des Jésuites d’autres régions du monde : États-Unis d’Amérique du nord, Europe, Afrique, Asie, Amérique latine etc.
Parallèlement aux actions de terrain visant l’apport d’une aide humanitaire substantielle aux sinistrés, une réflexion s’est, tout de suite, engagée sur l’impact et les conséquences matériels et immatériels du séisme sur les populations sinistrées et sur le pays en général : praxis de coopération internationale du moment par le biais de l’aide humanitaire d’urgence, souveraineté nationale, rôle de la Société Civile et de l’État Haïtiens dans le processus de reconstruction du pays.
• La « Cellule de Réflexion et d’Action » des Jésuites et de la Société Civile est un produit du confluent « actions-reflexions »
• Par la création de la « Cellule de Réflexion et d’Action » les Jésuites et les organisations de la Société civile veulent faire oeuvre pérenne et continuer d’accompagner le peuple haïtien, ses leaders et la communauté internationale dans les efforts à déployer à court, moyen et long terme pour la reconstruction d’Haïti.
• L’objectif est double :
Accompagner la société civile haïtienne et amener les décideurs politiques, les responsables internationaux à agir dans le sens des intérêts réels de la population haïtienne dans le processus de reconstruction du pays.
Offrir aux populations et à la Société Civile nationales un espace inclusif, ouvert et non partisan de rencontre, d’échange et de réflexion en vue de participer de manière effective à la reconstruction du pays à travers la production et la mise en œuvre d’un nouveau projet de société pour Haïti.
• Le texte que la « Cellule » met sous vos yeux, aujourd’hui, n’est nullement un document technique sur la reconstruction, mais une proposition d’orientations stratégiques, une « tentative » d’apporter une contribution à l’effort national de penser un projet de refondation de notre pays. Le geste est conforme à l’exigence cent fois relatée qu’un nouveau projet de société pour Haïti doit être élaboré par et pour les Haïtiens en réponse aux besoins réels du pays.
• Consciente que la société civile est complexe et traversée par des courants divers, opposées et des intérêts divergents, la «Cellule de Réflexion et d’Action» réaffirme sa foi en la possibilité de créer un consensus national autour des grandes questions et des valeurs essentielles qui fondent notre existence comme peuple et dont dépend notre survie individuelle et collective.
• Il est clair que ce projet ne doit pas être imposé de l’extérieur; ni parachuté par les agences multilatérales et les gouvernements étrangers; au contraire, il doit jaillir de notre génie de peuple, de notre riche patrimoine historique, social et culturel, de nos formes multiples de résistance.
• La démarche de la « Cellule de Réflexion et d’Action », aujourd’hui, invite l’ensemble des organisations de la Société Civile haïtienne et tous ceux qui se sentent concernés à se l’approprier après y avoir apposé leur touches de critiques par des ajouts ou des retraits.
I.- État des lieux
1.1.- Haïti avant le 12 janvier 2010
Situation de pauvreté extrême avec un revenu moyen de US $ 1.00 dollar par tête par jour, Haïti figure parmi les plus pauvres de l’Hémisphère occidentale en rapport avec l’indice de développement des Nations Unies. C’est également le pays le plus inégalitaire en matière de distribution de revenus; car selon les études économiques les plus récentes, dix (10) pour cent des personnes les plus riches reçoivent cinquante (50) pour cent du revenu national. Il en résulte une exclusion sociale marquée qui prive la majeure partie de la population d’emplois rémunérateurs, des services sociaux de santé, d’éducation et de protection sociale.
Cette situation inégalitaire s’accentue au niveau de la répartition géographique des services fournis. En effet, la concentration à Port-au-Prince des principales infrastructures administratives, économiques et sociales, en a fait une mégalopole incapable de fournir à la population les services indispensables d’électricité, d’eau potable, de ramassage des ordures ménagères. L’exode rural devient incontrôlable, les villes de province qui devaient servir de relais à la migration vers Port-au-Prince, ne sont pas en mesure de jouer leur rôle, faute d`infrastructures.
Et en dépit des provisions constitutionnelles pour la mise en place et le renforcement des collectivités territoriales, ce qui permettrait d`étendre les services de base à un plus fort pourcentage de la population, les lois d'application tardent à venir, reléguées au second plan des priorités d'hommes politiques obnubilés par la permanence au pouvoir de leurs acolytes.
Des objectifs mondiaux pour le millénaire du Développement sont fixés (OMD), un document intitulé "DSNCRP" élaboré pour le Gouvernement avec l’assistance technique et financière du PNUD et de la Banque Mondiale. Cependant, le financement attendu pour la mise en œuvre de ces instruments était bien en deçà des déclarations d’intention des agences externes au cours de réunions internationales à grand renfort médiatique. Il s’ensuit qu’en janvier 2010, la plupart des programmes et projets du DSNCRP tardent encore à voir le jour. Il faut également mentionner comme l’une des causes, si ce n`est pas la principale, l’effet dévastateur des trois cyclones de 2008 qui ont conduit les instances concernées à reporter momentanément, certaines priorités définies dans les instruments susmentionnés.
1.2.- Haïti après le 12 Janvier 2010
1.2.1.- Évaluation des dégâts
• Des centaines de milliers de morts et de sans abris
• Destruction de Léogane, de Gressier, de Port-au-Prince, du Palais National et du Centre Gouvernemental, des dégâts considérables à Jacmel, Grand Goave, Petit-Goâve...
• Destruction des principaux symboles politiques, sociaux et spirituels du pays : Palais National, Palais de Justice, Palais Législatif, les Ministères, l’Administration Générale des Contributions, de cathédrales, d’églises et d’écoles
• Désarticulation totale des principales institutions du pays
• Affaissement quasi total de l’autorité de l’État.
• Grandes vagues migratoires de la capitale vers les campagnes et les villes de province qui sont déjà confrontées à de graves problèmes économiques et sociaux
• Aggravation de la situation alarmante décrite plus haut et un pays au bord d’une catastrophe humanitaire et d’une crise sociopolitique sans précédent.
1.2 2.- Afflux de l’aide humanitaire
• Non coordination de l’aide internationale et Insatisfaction de la population.
• Impression que la communauté internationale œuvre dans l’indéfinition et la cacophonie la plus totale.
• Interventions réalisées en fonction des intérêts stratégiques de chaque intervenant sans tenir compte des besoins et préoccupations des représentants naturels du peuple haïtien et des sinistrés.
• Forums internationaux à tenir en dehors du pays avec le leadership des gouvernements occidentaux et des agences multilatérales, sans participation effective des principaux acteurs de la société haïtienne.
II- Orientations stratégiques
2.1.- A court terme
a) Remettre sur pied les principaux symboles de l’autorité de l’État : Palais national, Palais de justice, tribunaux, polices nationale, DGI, etc. dans le cadre d’un nouveau projet de refondation du pays
b) Résoudre les problèmes des abris provisoires : coordination de l’aide humanitaire internationale, logement des familles, soins de santé
c) Donner une large participation aux cadres techniques et professionnels haïtiens dans les tâches de constructions d’abris et autres habitats.
d) Remettre le secteur agricole à produire, avec la pleine conscience du fait que la dynamique d’aide ne peut être qu’éphémère. Rôle central à accorder aux paysans et à leurs organisations.
e) Lancer un vaste plan de construction de logements sociaux pour relocaliser les gens des bidonvilles de la région métropolitaine de Port-au-Prince et des villes dévastées
f) Promouvoir un leadership soucieux de la refondation de l’État dans une dynamique qui rassemble les forces vives de la nation et porte les populations organisées a s’imposer en interlocuteurs des intervenants internationaux, notamment, l’inclusion de sinistrés ou de leurs représentants légitimes dans les clusters et forums qui envisagent le lendemain et le devenir du pays
g) Coordonner, harmoniser et orienter les actions stratégiques tendant à résorber la crise sur toute l’étendue du territoire
h) Rouvrir les ports au commerce extérieur du Cap-Haïtien, de Port-de-Paix, de Fort-Liberté, des Gonaives, de Saint-Marc, de Petit-Goâve, de Miragoane, de Jérémie, des Cayes et de Jacmel
i) Appeler toutes les compétences haïtiennes disponibles en Haïti et à l’étranger pour qu’elles apportent leur quote-part au combat national pour la survie de leur pays
j) Organiser la Société Civile en vue de la porter à s’associer aux efforts tendant à donner le branle à un vaste mouvement national et citoyen visant à poursuivre la lutte contre l’adversité, à réfléchir et faire des propositions quant au nouveau projet de société requis pour Haïti
k) Porter la communauté internationale à reconnaître et respecter les efforts des organisations haïtiennes qui réfléchissent sur les options à prendre pour le relèvement de la nation et la reconstruction du pays au lieu de tenter de se substituer à elles
l) Rendre opérationnelles sur une base citoyenne les cellules communales de gestion de risques et désastres par la mise en place de brigades de secouristes équipées en vue d’intervention rapide en cas de nouvelles catastrophes
m) Concevoir et exécuter une campagne nationale de motivation et d’information sur les comportements à adopter à l’occasion des cyclones et des tremblements de terre
n) Créer dans un premier temps au niveau des départements les plus vulnérables des centres départementaux d’équipements pour des interventions d’urgence en cas de catastrophe
o) Lancer un vaste programme de création d’emplois à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones sinistrées et un peu partout dans le pays
p) Lancer un programme de remise sur pied des infrastructures d’éducation détruites (primaire, secondaire, universitaire). Appui aux principales institutions éducatives privées
q) Réouverture effective des classes dans les départements les plus affectés
r) Prise en charge immédiate de l’école haïtienne : viatique aux professeurs décapitalisés et éprouvés, scolarité des élèves pour le reste de l’année, dotation des écoles en « unités préfabriquées" (portable schools). Les bâtiments mêmes classés « verts » par les experts ne seront pas immédiatement utilisables. Parents et élèves abhorrent le béton!
s) Poursuivre l’implantation des infrastructures de base dans les Grandes Régions, à savoir, Routes, télécommunication, Électricité, Port, Aéroport
t) Créer une structure autonome pour la planification et la gestion de la Reconstruction du pays
u) Donner le branle à un processus tendant à l’organisation d’un grand débat inclusif, seule option méthodologique appropriée pour la participation de l’ « Haïti en dehors » (haïtiens vivant à l’étranger, paysannerie, populations marginalisées etc.) dans les questions nationales
v) Mise en place d’associations de sinistrés pour permettre surtout à ceux qui ont perdu des biens considérables (biens meubles et immeubles) de relancer leur vie économique
2.2.- A moyen et long terme :
a) Publier la charte des Collectivités Territoriales avec les lois d’application sur le fonctionnement des collectivités territoriales de sections communales, de communes et de conseil départemental.
b) Actualiser le schéma d’Aménagement du Territoire et les potentialités régionales.
c) Subdiviser le pays en Régions en fonction de certaines affinités territoriales et des exigences de développement.
d) En accord avec les conclusions du débat inclusif, mettre en place des infrastructures administratives déconcentrées dans le pays, telles les Archives Nationales, l’Immigration, l’Office National d’Identification, renforcer les structures sectorielles déconcentrées.
e) Élaborer, au moyen de la méthodologie de la recherche action-participation, des plans et programmes régionaux et départementaux qui tiennent compte des spécificités de chaque région et département et des nouvelles stratégies de développement adoptées pour le pays.
f) Implanter dans d’autres régions ou dans les départements, de vrais campus universitaires offrant aux étudiants de ces régions des variétés de carrières répondant aux potentialités régionales et aux standards mondiaux d’éducation au niveau supérieur
g) Implanter des parcs industriels en dehors de Port-au-Prince.
h) Ouvrir le pays à l`investissement privé en accordant plus de facilités aux investisseurs nationaux et aux étrangers désireux de s’implanter dans les régions en dehors de Port-au-Prince.
i) Favoriser le regroupement des collectivités territoriales en vue de fournir à leur population des services incombant à la commune et que cette dernière ne serait pas en mesure de fournir seule étant donné la limitation de ressources financières générées.
j) Adapter le système fiscal haïtien en fonction des nouvelles exigences de la décentralisation administrative
III.- MESURES D’ACCCOMAPGNEMENT URGENTES POUR RENDRE POSSIBLE LA RECONSTRUCTION
3.1.- Pour gérer la refondation du pays, mettre en place immédiatement UNE COMMISSION AUTONOME NATIONALE POUR LA RECONSTRUCTION formée de représentants crédibles de l’État et de la société civile haïtienne et appuyée en majorité par d’excellents experts haïtiens de l’intérieur du pays et de la diaspora haïtienne.
3.2.-En vue d’arriver à la stabilité politique requise pour la reconstruction, faire démarrer le PROCESSUS DE CONCERTATION, D’ACTION ET DE MOBILISATION POUR LA TENUE D’ELECTIONS CREDIBLES DANS LE PAYS.
3.3.- Pour bien asseoir la refondation d’Haïti que la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action pourra amener, il importe de PARTIR DE NOUVEAUX PARADIGMES : PARTICIPATION, COMPÉTENCE, VALORISATION DES RESSOURCES LOCALES, UTILISATION INTELLIGENTE DE LA COOPÉRATION FINANCIERE ET TECHNIQUE INTERNATIONALES, d’une NOUVELLE MYSTIQUE nourrie des valeurs inhérentes à notre identité de peuple, de notre riche patrimoine historique et culturel.
3.4.- Il est important de REFAIRE LE PELERINAGE DE L’ARCAHAIE du 18 mai 1803 afin de RASSEMBLER LE PEUPLE HAITIEN AUTOUR D’UN IDEAL COMMUN, celui de contribuer par la solidarité à l’amélioration des conditions de vie du peuple haïtien dans toutes ses composantes. La récupération de ces valeurs perdues suppose une action à long terme qui doit commencer à l’école par la RÉINTRODUCTION DANS LE CURRICULUM SCOLAIRE DE L’ENSEIGNEMENT DE L’INSTRUCTION CIVIQUE afin de raviver le sentiment d’appartenance à cette nation haïtienne conquise de haute lutte en 1804.
3.5.- Il est urgent de créer chez l’enfant haïtien CETTE CULTURE DU RISQUE qui lui fournira les comportements à adopter face aux catastrophes naturelles susceptibles de frapper Haïti.
3.6.- Compte tenu de la place prépondérante de la religion dans la société haïtienne, il convient de donner à certaines valeurs religieuses une place importante dans le processus de refondation de la nation: LA SOLIDARITÉ ET LE PARTAGE, LE RESPECT DU BIEN COMMUN ET SPÉCIALEMENT DE L’ENVIRONNEMENT, LE RESPECT DE LA VIE ET DE LA PERSONNE HUMAINE, LA SUBSIDIARITÉ, LA DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS, etc.
Ceux qui adhèrent aux principales idées de ce document peuvent apposer leur signature. Il sera envoyé aux principaux décideurs, à la presse nationale et internationale, etc…
mercredi 24 février 2010
“Gwoup refleksyon ak aksyon”, Pè Jezwit yo ap kòdone, konstate epi envite
Soukous latè ki sot pase 12 janvye a, se pi gwo katastwòf peyi Dayiti konnen depi nasyon an egziste: vil Leyogàn, Gresye ak Kapital Pòtoprens la detwi, sant gouvènman an tonbe; Jakmèl, Grangwav ak Tigwav sibi anpil dega; plizyè santèn milye moun mouri, anpil moun lage nan lari a san yo pa gen okenn kote pou yo rete; epidemi menase nou, kriz sosyopolitik menase nou tou.
Lemonn antye kouri vin pote nou sekou! Gen lè fwa sa a baz yo poze pou rekonstwi peyi a epi pou pran wout devlòpman, ak kondisyon nou fè bon chwa.
Nan tèt kole ak lòt òganizasyon ki nan sosyete sivil ayisyèn nan, Pè Relijye Jezwit yo kreye yon gwoup pou reflechi ak aji. Se yon demach ki pa vle mete okenn moun sou kote, epi ki pa gen paspouki pou okenn ideyoloji politik. « Gwoup refleksyon ak aksyon» an konstate gen yon gwo travay refleksyon k ap fèt andedan kou deyò peyi a.
« Gwoup refleksyon ak aksyon » an mande Zotobre peyi a pou yo pran refleksyon sa yo oserye, pandan l ap avèti tout opòtinite nou wè la yo kapab disparèt tankou lafimen si nou pa chwazi yon metodoloji ki kòrèk.
Tou swit apre gwo dram nan, Ayisyen yo ki nan tout klas sosyal nèt montre jan yo solidè, jan yo kapab kanpe tenn fas devan moman difisil yo ak jan yo konn reziste. Yo pwouve se yon bann ewo yo ye. Se ak men yo, epi san okenn zouti yo te kòmanse sove moun ki te anba dekonm yo.
Gouvènman an ak fòs lame ki nan peyi a frape anpil. Katastwòf sa a ki rive, san zatann nan, fè yo tann twa (3) jou anvan yo kòmanse reyaji.
Gen kèk sektè ki menm rive di pouvwa santral Leta a montre li pa gen lidèchip. Yo siyale:
1. Kòdinasyon ki manke nan zafè èd entènasyonal la
2. Jan kesyon “abri pwovizwa” yo mal òganize
3. Jan èd la distribye nan dezòd
4. Pa gen kominikasyon ditou sou jefò ki ap fèt pou relouvri lekòl la nan depatman ki pi viktim yo
5. Enfòmasyon ki pa bay sou sa k ap fèt, sou sa k ap pase, sou pwojè k ap egzekite ak sou lòt pwojè ki pral vini
6. Lenpresyon Kominote entènasyonal la ap entèvni san modòd Gouvènman an, nan bwourara total kapital.
Leta ayisyen an bay lenpresyon li pa kapab oswa li poko kapab kòdone aksyon yo entèvenan ki soti tribòbabò nan divès peyi ap fè, nan moman sa a kote pèp ayisyen an nan yon kalfou ki difisil anpil. Kòm rezilta mank kòdinasyon sa a, Ayiti ki deja fin detwi vin tounen yon teren kote gen anpil batay ideyolojik ak jeyo-politik ki ap fèt ant lòt nasyon yo.
Se nan kontèks sa a “Gwoup refleksyon ak aksyon » an ap envite :
A- Gouvènman an, pou li
1) Pran anmen lidèchip li ki rele l chèmèt chèmètrès.
2) Fè pwomosyon pou yon modèl lidèchip k ap chache refonde nasyon an nan yon dinamik ki rasanble tout « fòs viv » yo epi ki pèmèt popilasyon òganize yo enpoze tèt yo kòm aktè ki pou anfas èntevenan entènasyonal yo. Estrikti pouvwa anplas yo pa kapab rezoud, poukont yo sèlman, tout pwoblèm tèt chaje tou nèf dram 12 janvye an pote.
3) Kòdone, byen makonnen epi oryante aksyon estratejik yo pou rezoud pwoblèm kriz la poze nan tout peyi a alawonnbadè.
4) Rele tout konpetans peyi a genyen ann Ayiti kou lòtbò dlo pou yo pote kontribisyon pa yo nan konba nasyonal n ap mennen pou kenbe peyi a vivan.
B- Kominote entènasyonal la, pou li :
Rekonèt epi respekte jefò òganizasyon ayisyèn yo nan chwa y ap fè pou mete peyi a kanpe epi pou rekonstri li. Pa chache pran plas yo ! Pa eseye aji nan plas yo !
C- Sosyete sivil la, pou li:
Òganize tèt li epi lanse yon gwo woumbre nasyonal pou kontinye fè solidarite, pou reflechi nan tèt kole epi pou fè pwopozisyon pou bati pwojè sosyete tou nèf Ayiti bezwen jounen jodi a.
« Gwoup refleksyon ak aksyon » an ap ofri Popilasyon an ak tout sektè ki nan Sosyete Sivil la yon espas rankont kote nou kapab boukante refleksyon nou yo epi aji ansanm pou bati pwojè sosyete tou nèf sa a pou Ayiti.
Pou kontak, rele nan telefòn sa yo: 35 56 66 99, 36 58 66 08, 38 14 64 18;
oswa ekri nan imel sa a: htreflexionscitoyennes@yahoo.fr.
Ou kapab vizite Blòg Gwoup la tou. ki se: http:haitireflexionscitoyennes.blogspot.com.
Lemonn antye kouri vin pote nou sekou! Gen lè fwa sa a baz yo poze pou rekonstwi peyi a epi pou pran wout devlòpman, ak kondisyon nou fè bon chwa.
Nan tèt kole ak lòt òganizasyon ki nan sosyete sivil ayisyèn nan, Pè Relijye Jezwit yo kreye yon gwoup pou reflechi ak aji. Se yon demach ki pa vle mete okenn moun sou kote, epi ki pa gen paspouki pou okenn ideyoloji politik. « Gwoup refleksyon ak aksyon» an konstate gen yon gwo travay refleksyon k ap fèt andedan kou deyò peyi a.
« Gwoup refleksyon ak aksyon » an mande Zotobre peyi a pou yo pran refleksyon sa yo oserye, pandan l ap avèti tout opòtinite nou wè la yo kapab disparèt tankou lafimen si nou pa chwazi yon metodoloji ki kòrèk.
Tou swit apre gwo dram nan, Ayisyen yo ki nan tout klas sosyal nèt montre jan yo solidè, jan yo kapab kanpe tenn fas devan moman difisil yo ak jan yo konn reziste. Yo pwouve se yon bann ewo yo ye. Se ak men yo, epi san okenn zouti yo te kòmanse sove moun ki te anba dekonm yo.
Gouvènman an ak fòs lame ki nan peyi a frape anpil. Katastwòf sa a ki rive, san zatann nan, fè yo tann twa (3) jou anvan yo kòmanse reyaji.
Gen kèk sektè ki menm rive di pouvwa santral Leta a montre li pa gen lidèchip. Yo siyale:
1. Kòdinasyon ki manke nan zafè èd entènasyonal la
2. Jan kesyon “abri pwovizwa” yo mal òganize
3. Jan èd la distribye nan dezòd
4. Pa gen kominikasyon ditou sou jefò ki ap fèt pou relouvri lekòl la nan depatman ki pi viktim yo
5. Enfòmasyon ki pa bay sou sa k ap fèt, sou sa k ap pase, sou pwojè k ap egzekite ak sou lòt pwojè ki pral vini
6. Lenpresyon Kominote entènasyonal la ap entèvni san modòd Gouvènman an, nan bwourara total kapital.
Leta ayisyen an bay lenpresyon li pa kapab oswa li poko kapab kòdone aksyon yo entèvenan ki soti tribòbabò nan divès peyi ap fè, nan moman sa a kote pèp ayisyen an nan yon kalfou ki difisil anpil. Kòm rezilta mank kòdinasyon sa a, Ayiti ki deja fin detwi vin tounen yon teren kote gen anpil batay ideyolojik ak jeyo-politik ki ap fèt ant lòt nasyon yo.
Se nan kontèks sa a “Gwoup refleksyon ak aksyon » an ap envite :
A- Gouvènman an, pou li
1) Pran anmen lidèchip li ki rele l chèmèt chèmètrès.
2) Fè pwomosyon pou yon modèl lidèchip k ap chache refonde nasyon an nan yon dinamik ki rasanble tout « fòs viv » yo epi ki pèmèt popilasyon òganize yo enpoze tèt yo kòm aktè ki pou anfas èntevenan entènasyonal yo. Estrikti pouvwa anplas yo pa kapab rezoud, poukont yo sèlman, tout pwoblèm tèt chaje tou nèf dram 12 janvye an pote.
3) Kòdone, byen makonnen epi oryante aksyon estratejik yo pou rezoud pwoblèm kriz la poze nan tout peyi a alawonnbadè.
4) Rele tout konpetans peyi a genyen ann Ayiti kou lòtbò dlo pou yo pote kontribisyon pa yo nan konba nasyonal n ap mennen pou kenbe peyi a vivan.
B- Kominote entènasyonal la, pou li :
Rekonèt epi respekte jefò òganizasyon ayisyèn yo nan chwa y ap fè pou mete peyi a kanpe epi pou rekonstri li. Pa chache pran plas yo ! Pa eseye aji nan plas yo !
C- Sosyete sivil la, pou li:
Òganize tèt li epi lanse yon gwo woumbre nasyonal pou kontinye fè solidarite, pou reflechi nan tèt kole epi pou fè pwopozisyon pou bati pwojè sosyete tou nèf Ayiti bezwen jounen jodi a.
« Gwoup refleksyon ak aksyon » an ap ofri Popilasyon an ak tout sektè ki nan Sosyete Sivil la yon espas rankont kote nou kapab boukante refleksyon nou yo epi aji ansanm pou bati pwojè sosyete tou nèf sa a pou Ayiti.
Pou kontak, rele nan telefòn sa yo: 35 56 66 99, 36 58 66 08, 38 14 64 18;
oswa ekri nan imel sa a: htreflexionscitoyennes@yahoo.fr.
Ou kapab vizite Blòg Gwoup la tou. ki se: http:haitireflexionscitoyennes.blogspot.com.
lundi 22 février 2010
La « Cellule de Réflexion et d’Action » des Jésuites et de la Société Civile d’Haïti constate et invite
Dimanche 21 février 2010, au Noviciat des Jésuites, à Tabarre
Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 est la catastrophe la plus grave que Haïti ait connu pendant son existence comme nation : destruction de Léogane, de Gressier, de Port-au-Prince, du Palais National et du Centre gouvernemental, des dégâts considérables à Jacmel, Grand-Gôave et à Petit-Goâve, des milliers de morts et de sans abris, la désarticulation totale des institutions majeures du pays, des menaces d’épidémie et de crise sociopolitique sans précédent.
Le monde entier est accouru au chevet d’Haïti ! Tout semble augurer que, cette fois-ci, les prémisses sont posées pour que le pays soit reconstruit et, à la faveur de choix judicieux, introduit sur la voie du développement.
En concertation avec des organisations de la Société Civile, la « Cellule de Réflexion et d’Action », une initiative à la fois inclusive et non partisane initiée et coordonnée par les Religieux Jésuites, constate qu’un travail important de réflexion sur la question nationale en général et le drame du 12 janvier en particulier se réalise dans de nombreuses institutions tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
La « Cellule de Réflexion et d’Action » tire la sonnette d’alarme pour que ces efforts soient pris en compte et signale aux décideurs que les opportunités du moment risquent d’être hypothéquées si une méthodologie appropriée n’est pas au rendez-vous.
Dès les premiers instants du drame, les Haitiens de toutes classes sociales ont fait preuve d’une solidarité, d’une opiniâtreté, d’une combativité et d’un héroïsme extraordinaire ! C’est avec les mains vides et en plein émoi qu’ils ont commencé à sauver des vies !
Le gouvernement et les forces en armes présentes dans le pays, également endeuillés, ont été pris au dépourvu et n’ont commencé à réagir véritablement que trois jours après la catastrophe.
Certains secteurs évoquent même une absence totale de leadership du pouvoir central d’Etat dans la gestion du drame.
Ils mettent en évidence :
- La non coordination de l’aide internationale
- la mauvaise organisation des abris provisoires
- La distribution anarchique de l’aide
- Le manque de communication sur les efforts déployés pour la réouverture des écoles dans les départements les plus affectés
- La non diffusion d’information sur ce qui se fait, ce qui se passe, les projets en cours et futurs
- L’impression que la Communauté internationale œuvre dans l’indéfinition et la cacophonie la plus totale.
L’Etat haïtien n’a pas su ou n’a pas encore pu, en ces temps de misère profonde et de désarroi du peuple haïtien, coordonner les actions des intervenants d’horizons divers. Par voie de conséquence, l’Haïti en ruines s’est convertie en terrain de luttes géopolitiques et idéologiques.
Notamment, les réflexions et décisions en vue de la reconstruction du pays, se réalisent dans des « clusters » d’étrangers s’exprimant en anglais et avec une très faible participation de nationaux haïtiens.
Dans cette perspective, la « Cellule de Réflexion et d’Action » invite :
A- Le Gouvernement à :
1o) Assumer le leadership qui lui revient de droit ;
2o) Promouvoir un leadership soucieux de la refondation de l’Etat dans une dynamique qui rassemble les forces vives de la nation et porte les populations organisées à s’imposer en interlocuteurs des intervenants internationaux. La structure au pouvoir ne peut nullement faire face seule aux nouveaux défis posés par le drame du 12 janvier.
3o) Coordonner, harmoniser et orienter les actions stratégiques tendant à résorber la crise sur toute l’étendue du territoire.
4o) Appeler toutes les Compétences haïtiennes disponibles en Haïti et à l’étranger pour qu’elles apportent leur quote-part au combat national pour la survie de leur pays.
B- La Communauté internationale à :
1o) Reconnaître et respecter les efforts des organisations haïtiennes qui réfléchissent sur les options à prendre pour le relèvement de la nation et la reconstruction du pays au lieu de tenter de se substituer à elles.
C- La Société Civile à :
1o) S’organiser et à donner le branle à un large mouvement national en vue de continuer de lutter contre l’adversité, de réfléchir et faire des propositions quant au nouveau projet de société requis pour Haïti.
A cet effet, la « Cellule de Réflexion et d’Action » offre aux populations et à la Société Civile nationales un espace de rencontre, d’échange et de réflexion en vue de la production d’un nouveau projet de société pour Haïti.
Contacts :
1) Téléphones : 509-35-56-66-99, 36586608,38146418
2)email: htreflexionscitoyennes@yahoo.fr
3) blog: http :haitireflexionscitoyennes.blogspot.com
Pour la Coordination de la « Cellule de Réflexion et d’Action » :
1o) Rév. Kawas FRANÇOIS, sj
Délégué du Provincial des Jésuites du Canada français et d’Haïti
2o) Professeur Amary Joseph NOEL,
Coordonnateur Général de la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR)
Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 est la catastrophe la plus grave que Haïti ait connu pendant son existence comme nation : destruction de Léogane, de Gressier, de Port-au-Prince, du Palais National et du Centre gouvernemental, des dégâts considérables à Jacmel, Grand-Gôave et à Petit-Goâve, des milliers de morts et de sans abris, la désarticulation totale des institutions majeures du pays, des menaces d’épidémie et de crise sociopolitique sans précédent.
Le monde entier est accouru au chevet d’Haïti ! Tout semble augurer que, cette fois-ci, les prémisses sont posées pour que le pays soit reconstruit et, à la faveur de choix judicieux, introduit sur la voie du développement.
En concertation avec des organisations de la Société Civile, la « Cellule de Réflexion et d’Action », une initiative à la fois inclusive et non partisane initiée et coordonnée par les Religieux Jésuites, constate qu’un travail important de réflexion sur la question nationale en général et le drame du 12 janvier en particulier se réalise dans de nombreuses institutions tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
La « Cellule de Réflexion et d’Action » tire la sonnette d’alarme pour que ces efforts soient pris en compte et signale aux décideurs que les opportunités du moment risquent d’être hypothéquées si une méthodologie appropriée n’est pas au rendez-vous.
Dès les premiers instants du drame, les Haitiens de toutes classes sociales ont fait preuve d’une solidarité, d’une opiniâtreté, d’une combativité et d’un héroïsme extraordinaire ! C’est avec les mains vides et en plein émoi qu’ils ont commencé à sauver des vies !
Le gouvernement et les forces en armes présentes dans le pays, également endeuillés, ont été pris au dépourvu et n’ont commencé à réagir véritablement que trois jours après la catastrophe.
Certains secteurs évoquent même une absence totale de leadership du pouvoir central d’Etat dans la gestion du drame.
Ils mettent en évidence :
- La non coordination de l’aide internationale
- la mauvaise organisation des abris provisoires
- La distribution anarchique de l’aide
- Le manque de communication sur les efforts déployés pour la réouverture des écoles dans les départements les plus affectés
- La non diffusion d’information sur ce qui se fait, ce qui se passe, les projets en cours et futurs
- L’impression que la Communauté internationale œuvre dans l’indéfinition et la cacophonie la plus totale.
L’Etat haïtien n’a pas su ou n’a pas encore pu, en ces temps de misère profonde et de désarroi du peuple haïtien, coordonner les actions des intervenants d’horizons divers. Par voie de conséquence, l’Haïti en ruines s’est convertie en terrain de luttes géopolitiques et idéologiques.
Notamment, les réflexions et décisions en vue de la reconstruction du pays, se réalisent dans des « clusters » d’étrangers s’exprimant en anglais et avec une très faible participation de nationaux haïtiens.
Dans cette perspective, la « Cellule de Réflexion et d’Action » invite :
A- Le Gouvernement à :
1o) Assumer le leadership qui lui revient de droit ;
2o) Promouvoir un leadership soucieux de la refondation de l’Etat dans une dynamique qui rassemble les forces vives de la nation et porte les populations organisées à s’imposer en interlocuteurs des intervenants internationaux. La structure au pouvoir ne peut nullement faire face seule aux nouveaux défis posés par le drame du 12 janvier.
3o) Coordonner, harmoniser et orienter les actions stratégiques tendant à résorber la crise sur toute l’étendue du territoire.
4o) Appeler toutes les Compétences haïtiennes disponibles en Haïti et à l’étranger pour qu’elles apportent leur quote-part au combat national pour la survie de leur pays.
B- La Communauté internationale à :
1o) Reconnaître et respecter les efforts des organisations haïtiennes qui réfléchissent sur les options à prendre pour le relèvement de la nation et la reconstruction du pays au lieu de tenter de se substituer à elles.
C- La Société Civile à :
1o) S’organiser et à donner le branle à un large mouvement national en vue de continuer de lutter contre l’adversité, de réfléchir et faire des propositions quant au nouveau projet de société requis pour Haïti.
A cet effet, la « Cellule de Réflexion et d’Action » offre aux populations et à la Société Civile nationales un espace de rencontre, d’échange et de réflexion en vue de la production d’un nouveau projet de société pour Haïti.
Contacts :
1) Téléphones : 509-35-56-66-99, 36586608,38146418
2)email: htreflexionscitoyennes@yahoo.fr
3) blog: http :haitireflexionscitoyennes.blogspot.com
Pour la Coordination de la « Cellule de Réflexion et d’Action » :
1o) Rév. Kawas FRANÇOIS, sj
Délégué du Provincial des Jésuites du Canada français et d’Haïti
2o) Professeur Amary Joseph NOEL,
Coordonnateur Général de la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR)
Contexte et objectifs de la conférence-débat du 21 f'évrier 2010 autour de la reconstruction d'Haïti
Un extrait de l'intervention du P. Kawas François, sj, faisant le point sur les objectifs et la méthodologie de la Cellule de réflexion et d'action des Jésuites et de la Société Civile d'Haïti
L’objectif de cette conférence-débat, organisé par la cellule d’action et de réflexion des jésuites et de la société civile, est d’apporter notre contribution à l’effort national de penser un projet de refondation de notre pays. Un projet qui doit être élaboré par et pour les Haïtiens et qui réponde donc aux besoins réels de la société haïtienne aujourd’hui. Ce projet ne doit pas être imposé de l’extérieur; ni parachuté par les agences multilatérales et les gouvernements étrangers; au contraire, il doit jaillir de notre génie de peuple, de notre riche patrimoine historique et culturel, de nos formes multiples de résistance économique, sociale et politique.
L’objectif de cette conférence-débat est d’arriver également à créer un large consensus au niveau de la société civile haïtienne autour de l’urgence de réaliser un faisceau, de mettre en branle un véritable mouvement unitaire, le plus fort et le plus large possible, en vue de faire valoir notre volonté de peuple dans les décisions importantes qui sont en train d’être prises pour la reconstruction du pays. Nous voulons montrer ainsi que nous, Haïtiens (nes), voulons être sujets à part entière et non de simples objets de notre histoire.
Nous sommes conscients que la société civile de n’importe quel pays et donc de notre société haïtienne n’est nullement une totalité uniforme, harmonieuse et qu’elle est toujours traversée par des courants politiques, idéologiques divers et souvent opposés, que les intérêts des groupes et des personnes ne sont jamais identiques. Mais nous savons aussi qu’aucune société humaine ne peut exister et se développer si ses membres n’arrivent pas à s’entendre sur un ensemble de valeurs et de principes communs, à créer un consensus sur un certain nombre de questions fondamentales. En dehors de cela, aucun équilibre n’est possible et le vivre-ensemble est hypothéqué. Dans ce carrefour historique que nous sommes en train de traverser, je pense qu’il est indispensable de ne pas insister sur nos différences, pour légitimes qu’elles soient, de voir surtout ce qui nous unit, de nous réapproprier ces principes et ces valeurs qui fondent notre nationalité pour aboutir ainsi à l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de refondation qui engage enfin notre pays sur la voie de la modernité et nous redonne notre dignité et notre fierté de peuple.
Nous constatons également la faiblesse de l’État haïtien, le dysfonctionnement de ses principales institutions et son incapacité subséquente à gérer seul la reconstruction du pays. Ce dysfonctionnement a été largement aggravé par la catastrophe du 12 janvier. Mais cela ne doit en aucun cas offrir aux responsables internationaux le prétexte pour fouler au pied notre souveraineté nationale. Il est urgent pour la communauté internationale de prendre en compte les représentants légitimes du peule haïtien dans le travail de reconstruction; même si ces derniers, dans le contexte actuel, doivent être renforcés par d’autres instances représentatives de la société civile. L’idée d’Un Comité National de Reconstruction, formé de représentants de l’État et de la société civile haïtienne, comme cela s’est fait au Mexique après le tremblement de terre de 1985, nous parait plausible.
La cellule de réflexion et d’action, durant ses nombreuses rencontres, a élaboré ce que nous appelons «quelques orientations stratégiques pour un projet de refondation nationale». Ce document, enrichi par les multiples échanges et les réflexions de nombreux représentants de la société civile haïtienne : professionnels, professeurs, entrepreneurs, agronomes, sociologues, militants de droits humains, leaders d’ong’s et d’organisations de base, etc., ne prétend nullement être exhaustif. Nous voulons simplement apporter notre modeste contribution et nous joindre à l’effort courageux et créatif de réflexion de nombreux individus et groupes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Haïti; en vue de former ce faisceau, de mettre en branle ce mouvement d’ensemble pour participer effectivement à la tâche historique de refondation de notre pays.
Une méthodologie essentiellement participative et inclusive
Notre méthodologie est essentiellement participative, inclusive. Nous sommes un espace ouvert, non partisan, profondément respectueux de la diversité des personnes et des opinions. La refondation du pays est l’affaire de tous, au delà de toute appartenance sociale, ethnique et géographique. Notre principal objectif est de faire en sorte que les différentes organisations en dépit de leurs divergences arrivent à se mettre d’accord sur un document commun ou du moins à créer un consensus sur les grandes orientations d’un projet qui nous servira de guide en tant qu’interlocuteurs de l’État et des acteurs internationaux.
L’objectif de cette conférence-débat, organisé par la cellule d’action et de réflexion des jésuites et de la société civile, est d’apporter notre contribution à l’effort national de penser un projet de refondation de notre pays. Un projet qui doit être élaboré par et pour les Haïtiens et qui réponde donc aux besoins réels de la société haïtienne aujourd’hui. Ce projet ne doit pas être imposé de l’extérieur; ni parachuté par les agences multilatérales et les gouvernements étrangers; au contraire, il doit jaillir de notre génie de peuple, de notre riche patrimoine historique et culturel, de nos formes multiples de résistance économique, sociale et politique.
L’objectif de cette conférence-débat est d’arriver également à créer un large consensus au niveau de la société civile haïtienne autour de l’urgence de réaliser un faisceau, de mettre en branle un véritable mouvement unitaire, le plus fort et le plus large possible, en vue de faire valoir notre volonté de peuple dans les décisions importantes qui sont en train d’être prises pour la reconstruction du pays. Nous voulons montrer ainsi que nous, Haïtiens (nes), voulons être sujets à part entière et non de simples objets de notre histoire.
Nous sommes conscients que la société civile de n’importe quel pays et donc de notre société haïtienne n’est nullement une totalité uniforme, harmonieuse et qu’elle est toujours traversée par des courants politiques, idéologiques divers et souvent opposés, que les intérêts des groupes et des personnes ne sont jamais identiques. Mais nous savons aussi qu’aucune société humaine ne peut exister et se développer si ses membres n’arrivent pas à s’entendre sur un ensemble de valeurs et de principes communs, à créer un consensus sur un certain nombre de questions fondamentales. En dehors de cela, aucun équilibre n’est possible et le vivre-ensemble est hypothéqué. Dans ce carrefour historique que nous sommes en train de traverser, je pense qu’il est indispensable de ne pas insister sur nos différences, pour légitimes qu’elles soient, de voir surtout ce qui nous unit, de nous réapproprier ces principes et ces valeurs qui fondent notre nationalité pour aboutir ainsi à l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet de refondation qui engage enfin notre pays sur la voie de la modernité et nous redonne notre dignité et notre fierté de peuple.
Nous constatons également la faiblesse de l’État haïtien, le dysfonctionnement de ses principales institutions et son incapacité subséquente à gérer seul la reconstruction du pays. Ce dysfonctionnement a été largement aggravé par la catastrophe du 12 janvier. Mais cela ne doit en aucun cas offrir aux responsables internationaux le prétexte pour fouler au pied notre souveraineté nationale. Il est urgent pour la communauté internationale de prendre en compte les représentants légitimes du peule haïtien dans le travail de reconstruction; même si ces derniers, dans le contexte actuel, doivent être renforcés par d’autres instances représentatives de la société civile. L’idée d’Un Comité National de Reconstruction, formé de représentants de l’État et de la société civile haïtienne, comme cela s’est fait au Mexique après le tremblement de terre de 1985, nous parait plausible.
La cellule de réflexion et d’action, durant ses nombreuses rencontres, a élaboré ce que nous appelons «quelques orientations stratégiques pour un projet de refondation nationale». Ce document, enrichi par les multiples échanges et les réflexions de nombreux représentants de la société civile haïtienne : professionnels, professeurs, entrepreneurs, agronomes, sociologues, militants de droits humains, leaders d’ong’s et d’organisations de base, etc., ne prétend nullement être exhaustif. Nous voulons simplement apporter notre modeste contribution et nous joindre à l’effort courageux et créatif de réflexion de nombreux individus et groupes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Haïti; en vue de former ce faisceau, de mettre en branle ce mouvement d’ensemble pour participer effectivement à la tâche historique de refondation de notre pays.
Une méthodologie essentiellement participative et inclusive
Notre méthodologie est essentiellement participative, inclusive. Nous sommes un espace ouvert, non partisan, profondément respectueux de la diversité des personnes et des opinions. La refondation du pays est l’affaire de tous, au delà de toute appartenance sociale, ethnique et géographique. Notre principal objectif est de faire en sorte que les différentes organisations en dépit de leurs divergences arrivent à se mettre d’accord sur un document commun ou du moins à créer un consensus sur les grandes orientations d’un projet qui nous servira de guide en tant qu’interlocuteurs de l’État et des acteurs internationaux.
vendredi 19 février 2010
La Cellule de réflexion et d’action des Jésuites et de la Société Civile d’Haïti invite à une conférence-débat sur la re-construction du pays
Aux Membres de la Presse, aux Médias, aux autorités, aux organisations non-gouvernementales et internationales, aux organisations de base, aux ambassades et à l’opinion publique en général
De : Coordination de la Cellule
Monsieur/Madame,
La Coordination de la Cellule de réflexion et d’analyse des Jésuites et de la Société civile d’Haïti vous présente ses sympathies et vous invite à une conférence-débat qui sera donnée, le dimanche 21 février 2010 à 10 heures A.M., au Noviciat des Jésuites sis à la rue A. François #4 à Tabarre 10, autour des réflexions faites par le groupe sur :
1. l’aide apportée à Haïti par la communauté internationale à la suite du séisme du 12 janvier dernier
2. le rôle de l’État et la coordination éventuelle avec l’international
3. les actions de mobilisation et les propositions faites par les différents groupes et organisations de la société civile haïtienne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays
4. les propositions en termes d’orientations stratégiques pour un projet de reconstruction.
La Coordination compte sur votre participation à cette conférence-débat et vous réitère l’expression de son entier dévouement, tout en implorant sur vous l’abondance des grâces divines.
Pour la Coordination :
P. Kawas Francois, sj
Délégué du Provincial du Canada français et d’Haïti
P. Wismith Lazard, sj
Représentant du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants-Haïti
Wooldy Edson Louidor
Conseiller en communication du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants
De : Coordination de la Cellule
Monsieur/Madame,
La Coordination de la Cellule de réflexion et d’analyse des Jésuites et de la Société civile d’Haïti vous présente ses sympathies et vous invite à une conférence-débat qui sera donnée, le dimanche 21 février 2010 à 10 heures A.M., au Noviciat des Jésuites sis à la rue A. François #4 à Tabarre 10, autour des réflexions faites par le groupe sur :
1. l’aide apportée à Haïti par la communauté internationale à la suite du séisme du 12 janvier dernier
2. le rôle de l’État et la coordination éventuelle avec l’international
3. les actions de mobilisation et les propositions faites par les différents groupes et organisations de la société civile haïtienne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays
4. les propositions en termes d’orientations stratégiques pour un projet de reconstruction.
La Coordination compte sur votre participation à cette conférence-débat et vous réitère l’expression de son entier dévouement, tout en implorant sur vous l’abondance des grâces divines.
Pour la Coordination :
P. Kawas Francois, sj
Délégué du Provincial du Canada français et d’Haïti
P. Wismith Lazard, sj
Représentant du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants-Haïti
Wooldy Edson Louidor
Conseiller en communication du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants
mercredi 17 février 2010
Le rôle de la société civile haïtienne dans la reconstruction du pays aujourd’hui
Rapport No. 3
Le thème central qui a guidé les réflexions au cours de la séance de travail le 7 février dernier est bien le suivant:« Le rôle de la société civile haïtienne dans la reconstruction du pays aujourd’hui». Pour bien comprendre le rôle que la société civile haïtienne est appelée à jouer aujourd’hui dans la reconstruction d’Haïti, nous avons jugé bon de partir d’une définition simple du concept de «société civile». Cette démarche méthodologique vise à faciliter les échanges, à se centrer sur le thème principal et empêcher ainsi les participants de se perdre dans des débats théoriques interminables; vu qu’un grand nombre de politologues, sociologues et philosophes ont déjà réfléchi sur ce thème et laissé une production théorique considérable.
I.- Autour du concept de «société civile»
La société civile c’est quoi? La société civile représente, à l’intérieur d’une formation sociale donnée, l’ensemble des entités, individuelles et collectives qui, en dehors de la sphère spécifiquement politique (État et partis) et sans aucune prétention de prendre et d’exercer le pouvoir, tentent de faire valoir leur vision du monde, leurs intérêts etc., de proposer ou d’apporter des solutions à des problèmes spécifiques. Ces problèmes peuvent concerner un groupe particulier, une région ou l’ensemble d’une collectivité. La société civile se pose ainsi en principale interlocutrice de l’État dans la lutte pour le respect du droit, la défense des intérêts individuels et collectifs. Dans cette perspective, elle a un rôle-clé dans le fonctionnement des démocraties modernes, la sauvegarde et le renforcement du bien commun, dans la construction nationale. Elle est aussi le principal rempart contre l’arbitraire des gouvernants. Il est nécessaire de souligner également que la société civile est loin d’être une totalité homogène, harmonieuse et sans conflits; elle est traversée par des courants idéologiques divers, par des luttes d’intérêts entre groupes ou individus, par de multiples contradictions. Plus les citoyens sont formés et conscients de leurs droits et devoirs, plus la société civile est organisée, mieux elle peut jouer son rôle de contrôle de l’État, influencer les décisions politiques, participer de façon responsable à l’élaboration et la mise en œuvres des politiques publiques.
Des principales composantes de la société civile haïtienne aujourd’hui.
Il est nécessaire d’identifier les différentes composantes de la société civile haïtienne aujourd’hui, la situation réelle de chacune d’elles et préciser le rôle qu’elles peuvent jouer individuelle et collectivement dans le processus de reconstruction du pays. Ce qui est impossible dans le cadre de cette réflexion. Nous nous limiterons à les énumérer et à émettre des considérations seulement sur quelques-unes d’entre elles qui nous paraissent incontournables. Les principales entités collectives qui forment la société civile haïtienne se présentent aujourd’hui comme suit : les associations communautaires rurales et urbaines, les syndicats, les groupements religieux, socioprofessionnels, les organisations de charité, les organisations non gouvernementales, les groupes de défense des droits des femmes, les associations patronales, les organismes de défense des droits humains en général etc.
II.- Société civile haïtienne et reconstruction nationale aujourd’hui
Quel doit être le rôle de chacune de ces principales composantes de la société civile haïtienne dans un projet de reconstruction de la nation aujourd’hui? La principale cause de l’échec des plans antérieurs réside dans le fait qu’ils ont été toujours élaborés en vase clos, dans les bureaux des experts, en dehors de toute participation effective des principaux concernés. Nous devons partir aujourd’hui d’une approche participative. Compte tenu des contradictions inhérentes à la vie sociale, tel que nous venons de le mentionner, il est difficile d’élaborer et de mettre en œuvre un projet de société qui concilie les intérêts de tous. Il s’agit, dans le cadre de notre réflexion, d’envisager les grandes lignes d’un projet susceptible de créer un large consensus entre les principaux acteurs, d’aboutir à un équilibre social qui garantisse à la fois le bien-être collectif et les intérêts légitimes de chacun. Ce projet doit s’inspirer de notre patrimoine historique et culturel, des principes fondateurs de la nationalité haïtienne cristallisés notamment dans la Charte Fondamentale du pays, en l’occurrence la Constitution de 1987 de la République d’Haïti.
Chacune des entités citées ci-devant a une contribution spécifique à apporter. Les associations communautaires ont un rôle-clé à jouer. Il faut certes distinguer les véritables associations communautaires, des «Organisations Populaires» et des «base» qui sont des organisations souvent criminelles et au service exclusif de secteurs politiques déterminés; des «association-bidon» qui émergent de toute part pour défendre des intérêts individuels mesquins de leaders opportunistes, sans aucune insertion réelle dans la société. Les associations communautaires haïtiennes, en grande majorité, sont fragiles; elles sont très peu structurées et exposées continuellement à la manipulation, à cause de la situation de grande pauvreté de leurs leaders et de leurs membres; elles ont très peu de capacité à s’insérer dans des réseaux locaux, régionaux et nationaux etc. Mais leur force vient surtout de leur proximité avec la population. Très actives dans les milieux suburbain et rural, elles représentent les principaux mécanismes de survie pour une grande partie de la population pauvre; elles expriment ses aspirations, sa culture, ses multiples formes de résistance sociale, économique, politique etc. Depuis 1986, ces associations ont joué un rôle très important sur la cène sociale et politique. Aucune véritable reconstruction du pays ne peut se faire sans leur participation effective. Elles sont même garantes de la réussite de tout vrai projet de société en Haïti aujourd’hui. Jusqu’à présent elles sont absentes dans les différentes interventions d’urgence et certainement exclues des les processus de prise de décisions tant au niveau du gouvernement haïtien que dans les organisations internationales et les organisations non gouvernementales haïtiennes et étrangères.
Les organisations patronales haïtiennes suscitent suspicion et interrogations chez de nombreux secteurs de la société haïtienne. On se pose des questions sur le rôle des différentes fractions de la bourgeoisie haïtienne dans le drame du peuple haïtien, avant même le séisme du 12 janvier. On n’est pas certain qu’il existe, chez un grand nombre d’entre elles, une réelle volonté de s’engager dans un mouvement de refondation nationale et de changer ainsi le statu quo dont elles sont les principaux bénéficiaires. Certaines se sont opposées à la présence en Haïti d’investisseurs étrangers. Ce qui menacerait de mettre fin à leurs monopoles. Elles n’ont pas pu mettre en place des entreprises modernes, préférant la contrebande, la corruption des fonctionnaires et les connivences politiques etc. Elles ont été peu enclines à créer des œuvres sociales significatives qui pourraient pourtant améliorer leur image sociale et bénéficier des secteurs importants d’une population aux prises avec les pires problèmes sociaux. Par contre, ils restent des acteurs incontournables dans tout effort national de reconstruction du pays. Il est urgent de les convaincre qu’une modernisation de l’économie et de la société haïtienne en général ne nuirait nullement à leurs intérêts et qu’au contraire ils en sortiraient les principaux gagnants. Il est indispensable qu’ils jouent un rôle positif dans ce processus de reconstruction, de participer à l’effort collectif en faisant montre de plus d’ouverture à la modernité et à l’investissement étranger, en créant davantage d’entreprises modernes et d’œuvres sociales etc.
Quant aux syndicats, le rachitisme des secteurs secondaire et tertiaire en Haïti, avec un nombre très réduit d’industries modernes et confinées presque exclusivement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, explique le très faible développement du mouvement syndical en Haïti. Nos syndicats restent très peu structurés et ne répondent pas toujours aux normes modernes. Par ailleurs, ils sont très manipulables politiquement. Leur image est ternie par les pratiques de clientélisme, de corruption et de connivence politique. Il est nécessaire de les restructurer, car ils sont appelés à jouer un rôle important dans la défense des droits des travailleurs et dans la nouvelle Haïti que nous voulons construire.
III.- Vers la proposition des grandes lignes d’un projet de société
Selon des informations fiables dont nous disposons, le gouvernement haïtien est invité à présenter un projet de reconstruction du pays d’ici le mois d’avril. Il est urgent pour notre cellule d’action et de réflexion d’agir vite. Il nous faudra présenter, dans les meilleurs délais, les grandes lignes d’un projet de reconstruction et faire de l’incidence politique pour que les principales instances de décision -Gouvernement haïtien, l’ONU et les organisations internationales, les gouvernements occidentaux (le G8)- en tiennent compte. Une petite commission de 5 membres a été choisie pour élaborer cette proposition. Le document de la commission sera enrichi au cours de notre séance de travail hebdomadaire, le dimanche 14 février prochain. Ce document enrichi et approuvé sera envoyé aux principales instances citées plus haut et présenté aux médias au cours d’une conférence-débat qui aura lieu le dimanche 21 février sur la cour des Sœurs Missionnaires du Christ-Roi à Tabarre 10.
Le thème central qui a guidé les réflexions au cours de la séance de travail le 7 février dernier est bien le suivant:« Le rôle de la société civile haïtienne dans la reconstruction du pays aujourd’hui». Pour bien comprendre le rôle que la société civile haïtienne est appelée à jouer aujourd’hui dans la reconstruction d’Haïti, nous avons jugé bon de partir d’une définition simple du concept de «société civile». Cette démarche méthodologique vise à faciliter les échanges, à se centrer sur le thème principal et empêcher ainsi les participants de se perdre dans des débats théoriques interminables; vu qu’un grand nombre de politologues, sociologues et philosophes ont déjà réfléchi sur ce thème et laissé une production théorique considérable.
I.- Autour du concept de «société civile»
La société civile c’est quoi? La société civile représente, à l’intérieur d’une formation sociale donnée, l’ensemble des entités, individuelles et collectives qui, en dehors de la sphère spécifiquement politique (État et partis) et sans aucune prétention de prendre et d’exercer le pouvoir, tentent de faire valoir leur vision du monde, leurs intérêts etc., de proposer ou d’apporter des solutions à des problèmes spécifiques. Ces problèmes peuvent concerner un groupe particulier, une région ou l’ensemble d’une collectivité. La société civile se pose ainsi en principale interlocutrice de l’État dans la lutte pour le respect du droit, la défense des intérêts individuels et collectifs. Dans cette perspective, elle a un rôle-clé dans le fonctionnement des démocraties modernes, la sauvegarde et le renforcement du bien commun, dans la construction nationale. Elle est aussi le principal rempart contre l’arbitraire des gouvernants. Il est nécessaire de souligner également que la société civile est loin d’être une totalité homogène, harmonieuse et sans conflits; elle est traversée par des courants idéologiques divers, par des luttes d’intérêts entre groupes ou individus, par de multiples contradictions. Plus les citoyens sont formés et conscients de leurs droits et devoirs, plus la société civile est organisée, mieux elle peut jouer son rôle de contrôle de l’État, influencer les décisions politiques, participer de façon responsable à l’élaboration et la mise en œuvres des politiques publiques.
Des principales composantes de la société civile haïtienne aujourd’hui.
Il est nécessaire d’identifier les différentes composantes de la société civile haïtienne aujourd’hui, la situation réelle de chacune d’elles et préciser le rôle qu’elles peuvent jouer individuelle et collectivement dans le processus de reconstruction du pays. Ce qui est impossible dans le cadre de cette réflexion. Nous nous limiterons à les énumérer et à émettre des considérations seulement sur quelques-unes d’entre elles qui nous paraissent incontournables. Les principales entités collectives qui forment la société civile haïtienne se présentent aujourd’hui comme suit : les associations communautaires rurales et urbaines, les syndicats, les groupements religieux, socioprofessionnels, les organisations de charité, les organisations non gouvernementales, les groupes de défense des droits des femmes, les associations patronales, les organismes de défense des droits humains en général etc.
II.- Société civile haïtienne et reconstruction nationale aujourd’hui
Quel doit être le rôle de chacune de ces principales composantes de la société civile haïtienne dans un projet de reconstruction de la nation aujourd’hui? La principale cause de l’échec des plans antérieurs réside dans le fait qu’ils ont été toujours élaborés en vase clos, dans les bureaux des experts, en dehors de toute participation effective des principaux concernés. Nous devons partir aujourd’hui d’une approche participative. Compte tenu des contradictions inhérentes à la vie sociale, tel que nous venons de le mentionner, il est difficile d’élaborer et de mettre en œuvre un projet de société qui concilie les intérêts de tous. Il s’agit, dans le cadre de notre réflexion, d’envisager les grandes lignes d’un projet susceptible de créer un large consensus entre les principaux acteurs, d’aboutir à un équilibre social qui garantisse à la fois le bien-être collectif et les intérêts légitimes de chacun. Ce projet doit s’inspirer de notre patrimoine historique et culturel, des principes fondateurs de la nationalité haïtienne cristallisés notamment dans la Charte Fondamentale du pays, en l’occurrence la Constitution de 1987 de la République d’Haïti.
Chacune des entités citées ci-devant a une contribution spécifique à apporter. Les associations communautaires ont un rôle-clé à jouer. Il faut certes distinguer les véritables associations communautaires, des «Organisations Populaires» et des «base» qui sont des organisations souvent criminelles et au service exclusif de secteurs politiques déterminés; des «association-bidon» qui émergent de toute part pour défendre des intérêts individuels mesquins de leaders opportunistes, sans aucune insertion réelle dans la société. Les associations communautaires haïtiennes, en grande majorité, sont fragiles; elles sont très peu structurées et exposées continuellement à la manipulation, à cause de la situation de grande pauvreté de leurs leaders et de leurs membres; elles ont très peu de capacité à s’insérer dans des réseaux locaux, régionaux et nationaux etc. Mais leur force vient surtout de leur proximité avec la population. Très actives dans les milieux suburbain et rural, elles représentent les principaux mécanismes de survie pour une grande partie de la population pauvre; elles expriment ses aspirations, sa culture, ses multiples formes de résistance sociale, économique, politique etc. Depuis 1986, ces associations ont joué un rôle très important sur la cène sociale et politique. Aucune véritable reconstruction du pays ne peut se faire sans leur participation effective. Elles sont même garantes de la réussite de tout vrai projet de société en Haïti aujourd’hui. Jusqu’à présent elles sont absentes dans les différentes interventions d’urgence et certainement exclues des les processus de prise de décisions tant au niveau du gouvernement haïtien que dans les organisations internationales et les organisations non gouvernementales haïtiennes et étrangères.
Les organisations patronales haïtiennes suscitent suspicion et interrogations chez de nombreux secteurs de la société haïtienne. On se pose des questions sur le rôle des différentes fractions de la bourgeoisie haïtienne dans le drame du peuple haïtien, avant même le séisme du 12 janvier. On n’est pas certain qu’il existe, chez un grand nombre d’entre elles, une réelle volonté de s’engager dans un mouvement de refondation nationale et de changer ainsi le statu quo dont elles sont les principaux bénéficiaires. Certaines se sont opposées à la présence en Haïti d’investisseurs étrangers. Ce qui menacerait de mettre fin à leurs monopoles. Elles n’ont pas pu mettre en place des entreprises modernes, préférant la contrebande, la corruption des fonctionnaires et les connivences politiques etc. Elles ont été peu enclines à créer des œuvres sociales significatives qui pourraient pourtant améliorer leur image sociale et bénéficier des secteurs importants d’une population aux prises avec les pires problèmes sociaux. Par contre, ils restent des acteurs incontournables dans tout effort national de reconstruction du pays. Il est urgent de les convaincre qu’une modernisation de l’économie et de la société haïtienne en général ne nuirait nullement à leurs intérêts et qu’au contraire ils en sortiraient les principaux gagnants. Il est indispensable qu’ils jouent un rôle positif dans ce processus de reconstruction, de participer à l’effort collectif en faisant montre de plus d’ouverture à la modernité et à l’investissement étranger, en créant davantage d’entreprises modernes et d’œuvres sociales etc.
Quant aux syndicats, le rachitisme des secteurs secondaire et tertiaire en Haïti, avec un nombre très réduit d’industries modernes et confinées presque exclusivement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, explique le très faible développement du mouvement syndical en Haïti. Nos syndicats restent très peu structurés et ne répondent pas toujours aux normes modernes. Par ailleurs, ils sont très manipulables politiquement. Leur image est ternie par les pratiques de clientélisme, de corruption et de connivence politique. Il est nécessaire de les restructurer, car ils sont appelés à jouer un rôle important dans la défense des droits des travailleurs et dans la nouvelle Haïti que nous voulons construire.
III.- Vers la proposition des grandes lignes d’un projet de société
Selon des informations fiables dont nous disposons, le gouvernement haïtien est invité à présenter un projet de reconstruction du pays d’ici le mois d’avril. Il est urgent pour notre cellule d’action et de réflexion d’agir vite. Il nous faudra présenter, dans les meilleurs délais, les grandes lignes d’un projet de reconstruction et faire de l’incidence politique pour que les principales instances de décision -Gouvernement haïtien, l’ONU et les organisations internationales, les gouvernements occidentaux (le G8)- en tiennent compte. Une petite commission de 5 membres a été choisie pour élaborer cette proposition. Le document de la commission sera enrichi au cours de notre séance de travail hebdomadaire, le dimanche 14 février prochain. Ce document enrichi et approuvé sera envoyé aux principales instances citées plus haut et présenté aux médias au cours d’une conférence-débat qui aura lieu le dimanche 21 février sur la cour des Sœurs Missionnaires du Christ-Roi à Tabarre 10.
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